Elections régionales 2004 Mars-avril 2004
Les réactions à gauche


Jack Lang: Raffarin doit retirer ses "projets anti-sociaux"
Le porte-parole national du PS pour les élections régionales, Jack Lang, a estimé qu'il fallait désormais "obtenir le retrait immédiat des projets anti-sociaux du gouvernement" après la très large victoire de la gauche aujourd'hui.
"Les Français nous invitent à engager ici et maintenant des luttes puissantes dans le pays et à l'Assemblée nationale pour obtenir le retrait immédiat des projets anti-sociaux du gouvernement", a affirmé M. Lang.

Jean-Marc Ayrault: "carton rouge d'une sévérité exemplaire" à l'égard du gouvernement
Le président du groupe PS à l'Assemblée nationale Jean-Marc Ayrault a estimé sur France 3 que les résultats du second tour des élections régionales étaient un "carton rouge d'une sévérité exemplaire" au gouvernement.
"Il y a un carton rouge d'une sévérité exemplaire à l'égard du gouvernement et de sa politique et ça c'est le président de la République qui en est le premier responsable. S'il ne fait rien, cela veut dire que tous les maux du 21 avril vont continuer", a-t-il déclaré.

Hollande:"lourde sanction" pour gouvernement, "désaveu sévère" pour Chirac
Le premier secrétaire du PS François Hollande a parlé sur TF1 d'une "lourde sanction pour le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin" et d'un "désaveu sévère" pour le président Jacques Chirac après la sévère défaite de la droite aux élections régionales.

- Strauss-Kahn (PS) : Chirac "n'a pas répondu aux attentes des Français"
L'ancien ministre socialiste Dominique Strauss-Kahn a estimé sur France 3 que le résultat des élections montraient que le président Jacques Chirac "n'a pas répondu aux attentes des Français" et qu'il s'agissait de son "échec". Il a fait part de "sa joie devant la participation et les résultats" estimant qu'il s'agissait d'une "vraie victoire nationale" pour la gauche. "La leçon que je voudrais tirer de ce résultat c'est que clairement depuis deux ans, le président de la République n'a pas répondu aux attentes des Français. De ce point de vue c'est son échec", a déclaré M. Strauss-Kahn. "La politique qui a été menée n'est pas celle que les électeurs attendaient", a-t-il ajouté.
"Dans les mois qui viennent, il ne sera plus question de revenir sur les acquis sociaux, comme ça a été le cas au cours de ces deux ans", a-t-il prévenu. "Sur les grands dossiers qui vont bientôt arriver à l'Assemblée nationale, tels que la santé, est-ce que la droite va enfin écouter la gauche ou va-t-elle faire preuve du même mépris ?", s'est interrogé Dominique Strauss-Kahn.
"Nous sommes, par le vote des Français, plus forts à l'assemblée pour éviter que l'ensemble des acquis sociaux ne soit pas à nouveau jeté à la poubelle comme ça a été le cas", a-t-il dit.

- Olivier Besancenot: le gouvernement est "sacrément sanctionné"
Le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Olivier Besancenot, a estimé que le gouvernement a été "sacrément sanctionné" lors des élections régionales. "Il y a un sacrée bonne nouvelle (...). C'est que le gouvernement s'est fait sacrément sanctionner et qu'il paie sa brutalité, qu'il paie son mépris et qu'il paie son arrogance", a déclaré M. Besancenot.
Pour autant, il ne se montre pas confiant sur la manière dont la gauche va gérer cette victoire: "je pense que ceux qui ont voté ni au premier tour, ni au deuxième tour pour la gauche plurielle qui est en train de se reconstituer, n'ont voulu amnistier ce qu'avait fait Jospin pendant plus de cinq ans au gouvernement", a-t-il relevé.
"Globalement, la droite perd beaucoup de régions ce soir mais j'ai bien compris que sa fiche de route est maintenue et que l'on nous parle aujourd'hui d'une réforme sur la santé, sur la sécurité sociale", a indiqué M. Besancenot.
"Je ne fais pas confiance a priori" à la gauche pour gérer correctement les régions "parce que je crois que, malheureusement, on sera à nouveau mobilisé dans les régions", a-t-il ajouté.

-Julien Dray (PS): "vote de rejet" du gouvernement, vote "d'espoir" pour la gauche
Le porte-parole du PS Julien Dray a estimé sur France 2 que le résultat des régionales n'était "pas simplement un vote de rejet" du gouvernement, "mais aussi (un vote) d'espoir" pour la gauche. "Quelque chose de très profond s'est passé dans le pays. Les couches populaires qui avaient abandonné la gauche se retournent vers nous et nous disent: +maintenant on vous donne une nouvelle chance. Ne la perdez pas", a déclaré le député de l'Essone.
"Cela veut dire que ce vote n'est pas simplement un vote de rejet de la droite, c'est aussi un vote d'espoir par rapport à la gauche", a-t-il ajouté.
"Pour la première fois depuis 20 ans, la gauche est majoritaire toute seule. Ce n'est pas une victoire par défaut. Même en Ile-de-France, la gauche va faire plus de 50%", a-t-il déclaré.
"Ce n'est pas du courage de s'attaquer aux acquis sociaux de ce pays. Au contraire", a-t-il lancé en direction du porte-parole du gouvernement Jean-François Copé, présent avec lui sur le plateau de France 2. "Tout ce que vous avez fait est apparu pour la population française comme injuste", a-t-il dit encore.

-François Hollande: "notre légitimité sort renforcée"
Le premier secrétaire du PS François Hollande a estimé que "la légitimité" des socialistes sortait renforcée du résultat des élections régionales et cantonales.
"Notre légitimité est aujourd'hui plus forte", a déclaré M. Hollande lors d'une conversation informelle avec un groupe de journalistes. "On parlera plus fort au Parlement", a-t-il notamment promis.
Interrogé pour savoir si l'ampleur du succès de la gauche n'était pas "encombrante", il a répondu : "On ne va pas regretter l'ampleur de la victoire (...) Il fallait une victoire claire, nette, limpide, qui ne souffre aucune interprétation".
Le premier secrétaire du PS a dit ne pas avoir été surpris par le résultat. "Après le premier tour, on n'excluait pas un raz-de-marée. Il y avait deux hypothèses: le gain de cinq ou six régions, et une amplification du 1er tour avec une victoire dans 17 ou 18 régions", a-t-il affirmé.
Il a estimé que l'échec du gouvernement Raffarin était aussi celui du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy. "Il s'est engagé dans la campagne. Au 1er tour, et nettement au 2ème. Il a joué au pompier volant, adoubé par Bernadette Chirac, mais il a été emporté par la même sanction, le même rejet", a-t-il jugé.
Le numéro un du PS a aussi souligné que la victoire de la gauche ne devait rien au Front national. "Nous n'avons rien gagné par les triangulaires", a-t-il dit, relevant que la gauche avait "gagné les duels droite-gauche" là où le FN n'était pas présent au second tour.
Il a jugé que ce succès aurait "des répercussions heureuses pour le parti". "C'est un élément de cohésion et de travail en commun", a-t-il ajouté.
Quant à sa position personnelle au terme des régionales et cantonales, M. Hollande a confié : "immodestement, je crois que ma position est confortée".
"J'ai défini une stratégie, a-t-il précisé : d'abord, le rassemblement de toutes les sensibilités du parti, ensuite faire de ce scrutin un scrutin national, enfin faire le rassemblement de la gauche". Il a indiqué, sur ce dernier point, avoir "bousculé les réticences, les résistances en faisant valoir que (les socialistes) ne peuvent y arriver tout seuls".

© Dernières Nouvelles d'Alsace - 2004