- La Haute-Normandie
La gauche conserverait la région Haute-Normandie avec 52,6% des voix contre 32,9% à la liste de droite et 14,5% au FN. La liste du président sortant, Alain Le Vern (PS), arriverait en tête avec 52,6% des suffrages devant celle conduite par Antoine Ruffenacht (UMP), qui avait fusionné avec celle d'Hervé Morin (UDF) et qui recueille 32,9% des voix. La liste Front national de Dominique Chaboche obtiendrait 14,5% des voix.
-Lorraine
La liste de gauche (PS-PCF-Verts) a remporté la région Lorraine avec 48,51% des suffrages, contre 34,20% à la droite (UMP-UDF-DVD) et 17,29% au FN, selon la préfecture de région.
Gérard Longuet (UMP) reconnait sa défaite
Gérard Longuet, président UMP sortant de la région Lorraine, a reconnu sa défaite sur France 3 Lorraine, indiquant qu'il siègerait désormais "dans l'opposition".
"Le climat national a balayé les motivations régionales (...) je siégerai dans l'opposition", a déclaré M. Longuet qui briguait un troisième mandat.
Selon des résultats partiels qui ne devraient pas être modifiés, la liste PS-PCF-Verts conduite par le sénateur socialiste Jean-Pierre Masseret a remporté les élections régionales pour la première fois en Lorraine depuis que les régions existent.
Le ministre de la Culture et de la Communication, Jean-Jacques Aillagon, candidat UMP en 3ème position sur la liste de M. Longuet, a également reconnu cet "échec incontestable".
"Nous avons beaucoup souffert de la division de la droite en Moselle. Les reports de voix se sont mal constitués", a indiqué M. Aillagon, ajoutant "les électeurs de droite ont été découragés par les querelles qui ont envenimé la campagne".
Le président sortant avait été devancé au premier tour par le socialiste Jean-Pierre Masseret (29,22%), n'obtenant que 22,13% des voix, contre 8,71% à l'UDF et 6,68% à une liste UMP dissidente. La droite était parvenue à s'unir avec difficulté pour le second tour.
-Bretagne
La liste PS/PC/PRG/Verts/UDB menée par le député du Morbihan Jean-Yves Le Drian a obtenu 58,66% des suffrages au second tour des régionales en Bretagne et bat la liste du président sortant UMP Josselin de Rohan, selon les résultats définitifs.
-Ile de France
La gauche conserverait la région Ile-de-France en recueillant 49,1% des voix contre 39,2% à la liste de droite et 11,7% au FN.
-Basse-Normandie
La région Basse-Normandie est passée pour la première fois de son histoire à gauche au second tour des élections régionales avec 46,22% des suffrages exprimés en faveur de la liste de gauche et 40% pour la liste UMP/UDF, selon les résultats définitifs.
Le Front national mené par Fernand Le Rachinel a obtenu 13,78% des voix. La liste de gauche unie emmenée par Philippe Duron (PS) avait obtenu 23,91% au premier tour. Celle de René Garrec (UMP), président du conseil régional depuis 18 ans, avait obtenu 28,75% au premier tour. Il avait refusé de fusionner avec la liste de l'UDF Philippe Augier.
-Poitou-Charentes
La gauche a remporté la région Poitou-Charentes, fief du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, la liste de gauche de Ségolène Royal (PS) obtenant 55,10% contre 36,20% à Elisabeth Morin (UMP), présidente sortante, selon des résultats définitifs transmis par la préfecture.
-La Bourgogne
La liste de gauche (PS-PCF-Verts-PRG) de François Patriat (PS) a remporté les élections régionales en Bourgogne, avec 52,49% des voix, devant la liste UMP de Jean-Pierre Soisson, qui a recueilli 32,14% des voix, selon les résultats officiels. Le FN a réuni 15,37% des suffrages. Jean-Pierre Soisson avait été l'un des trois présidents de région élus avec l'apport des voix du FN en 1998.
-Le Languedoc-Roussillon
La liste PS-PCF-Verts-PRG-PRC de Georges Frêche a remporté la région Languedoc-Roussillon, avec 51,17% des voix contre 33,11% pour la liste UMP de Jacques Blanc, président sortant depuis 1986, selon les résultats officiels.
-La Picardie
La gauche conduite par le socialiste Claude Gewerc s'est emparée de la région Picardie, signant l'échec personnel de Gilles de Robien, tête de liste UDF-UMP et seul ministre UDF du gouvernement.
Six ans après le scrutin de 1998, qui avait permis à l'UDF Charles Baur de conserver la région avec l'apport des voix du Front National, la gauche l'emporte nettement, avec 45,39% des voix, loin devant la droite UDF-UMP (35,94%).
La liste FN de Michel Guiniot, également présente au second tour, termine en troisième position, avec 18,66%.
Arrivée en seconde position au premier tour, la liste PS-PRG-Verts de Claude Gewerc a bénéficié d'un bon report des voix communistes, qui s'étaient portées le 21 mars sur la liste de Maxime Gremetz. Le député PCF de la Somme, en position de se maintenir avec 10,86% des voix au premier tour, avait renoncé à réclamer la présidence de région et accepté l'union à gauche derrière le maire PS de Clermont (Oise).
Ce dernier, qui partait avec un déficit de notoriété au niveau régional, a également bénéficié de l'apport de voix LO-LCR du premier tour.
La nette victoire de la gauche souligne l'échec de Gilles de Robien, considéré comme le seul en mesure de garder la région à droite et derrière qui l'UDF et l'UMP s'était rassemblées dès le premier tour.
L'ancien maire d'Amiens avait fait quasiment le plein des voix de droite le 21 mars et ne pouvait guère compter que sur les abstentionnistes du premier tour pour espérer inverser la tendance. Il n'améliore finalement son score que de 3,7 points au second tour.
Echec également des tentatives de la droite pour convaincre les électeurs du FN de faire barrage à la gauche au second tour.
Bien implanté en Picardie, le Front National perd 4,3 points au second tour, mais avec 18,66% des voix reste largement au-dessus de la moyenne nationale de ce parti.
Gilles de Robien, seul ministre UDF du gouvernement, a fait les frais du vote sanction à l'encontre de l'équipe Raffarin. Son échec est également celui de l'UDF dans la région.
Les chasseurs, traditionnellement très présents en Picardie, n'avaient pas présenté de liste ni donné de consigne de vote.
Sur 57 sièges à pouvoir, la gauche devrait disposer de 34 sièges dans la nouvelle assemblée régionale, contre 15 à l'UDF-UMP et 8 au FN.
-PACA
Avec 45,18 % des suffrages, le président sortant de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur Michel Vauzelle (PS) a remporté une victoire écrasante de plus de onze points sur le chef de file UMP-UDF Renaud Muselier (33,81%), au second tour des élections régionales qualifié de "déception" par le Front National (21,01%).
Michel Vauzelle, qui jouait son avenir politique sur ce scrutin donné comme très serré avant le 1er tour, va retrouver la présidence de PACA. Mieux, grâce à la prime majoritaire offerte par la réforme du mode de scrutin, il pourra diriger avec une majorité absolue (73 sièges sur 123, contre 31 à l'UMP-UDF et 19 au FN) une région qu'il gouvernait jusqu'alors avec une majorité relative.
Dans le conseil sortant (122 sièges), la gauche unie comptait 48 sièges, l'UMP-UDF 40 et le FN, grand perdant, 22 sièges, plus 12 au MNR et à l'extrême droite.
"Je mesure la dimension du formidable espoir et le poids qui m'incombe. Nous n'avons pas le droit de décevoir cette immense espérance", a déclaré l'ancien ministre et porte-parole de François Mitterrand.
La liste de la gauche unie (PCF-PS-Verts-PRG-MRC), qui devançait l'UMP-UDF de neuf points au 1er tour, a creusé l'écart dimanche. Le 21 mars, elle avait remporté 35% des suffrages, contre 26,10% à l'UMP-UDF et 22,95% au FN, qui réalisait alors son premier score national.
Pour le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères et premier adjoint au maire de Marseille Renaud Muselier, ce cuisant revers "confirme le message national" envoyé dès le premier tour.
En meeting à Marseille, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin avait fait de PACA "une région stratégique", comme en attestaient aussi les nombreuses visites du ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy.
Tête de liste du FN, depuis l'inéligibilité de Jean-Marie Le Pen, Guy Macary n'a pas caché sa "déception". "L'échec est beaucoup plus cuisant pour la droite, ce qui n'est pas une consolation", a-t-il dit.
Michel Vauzelle a réalisé son meilleur résultat dans les Alpes-de-Haute-Provence (52,95%), et confirmé sa victoire historique sur la droite à Nice (40,80%), Renaud Muselier n'enregistrant que 29,98% des suffrages dans les Bouches-du-Rhône et 30,49% dans son fief de Marseille.
Le FN a effectué son meilleur score dans le Vaucluse (27,54% contre 28,49% au 1er tour).
L'électorat s'est encore mieux mobilisé au second tour, l'abstention passant à 34,52% contre 38,69% dimanche dernier et 45,14% en 1998.
Jean-Marie Le Pen a déjà annoncé son intention d'engager un recours contre ce scrutin en raison de son inéligibilité. Et Renaud Muselier, qui a déposé plainte contre X pour "violation de la sincérité" de scrutin en raison d'"irrégularités" au premier tour, n'a pas exclu de faire de même.
-Champagne-Ardennes
La gauche, conduite par le socialiste Jean-Paul Bachy, a remporté pour la première fois la région Champagne-Ardenne, traditionnellement ancrée à droite, à l'issue du second tour des élections régionales.
Le maire PS de Sedan, arrivé en tête au premier tour à la surprise générale, dans une région qui ne compte qu'un seul député de gauche, a confirmé son avance avec 41,89% des suffrages, contre 39,82% pour le président UMP sortant du conseil régional, Jean-Claude Etienne.
Le candidat du Front National, Bruno Subtil, a conservé avec 18,28% des voix un score très élevé comme au premier tour où il avait obtenu le troisième meilleur score national du FN (19,72%).
Jean-Paul Bachy, qui menait une liste PS-PCF-MRC-PRG, a bénéficié d'un bon report de voix des Verts (7,51% au premier tour), en dépit de l'absence d'un accord de fusion entre les deux tours.
La Champagne-Ardenne était l'une des deux seules régions où la gauche n'avait pas fusionné avec les Verts entre les deux tours, et leur chef de file locale Marie-Angèle Klaine, avait donné pour seule consigne de voter au second tour contre l'extrême droite.
Ancien député européen et ancien député des Ardennes, conseiller régional depuis 1986, professeur au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), M. Bachy, 56 ans, a notamment réalisé un excellent score dans son département des Ardennes (47,71% contre 34,74% pour M. Etienne).
Il devrait bénéficier d'une majorité confortable dans le nouveau conseil régional, avec 28 élus contre 15 pour la liste UMP-UDF et 6 pour le FN.
La droite disposait d'une majorité plus faible dans le conseil sortant (12 UMP, 7 UDF, 2 DVD), face à la gauche (12 PS, 4 PCF, 1 Verts, 1 LO), à l'extrême-droite (3 FN, 1 MNR, 5 EXD) et aux chasseurs (1 CPNT).
La fusion avec le candidat UDF Charles de Courson (11,11% au premier tour) entre les deux tours n'a pas suffi à Jean-Claude Etienne pour qu'il conserve son mandat. Plus de 11.000 voix le séparent de la liste de gauche.
Arrivé en tête dans l'Aube et la Marne, M. Etienne, professeur de médecine et rhumatologue n'a pu faire son retard dans les Ardennes et la Haute-Marne.
La validité du scrutin reste soumise au jugement du Conseil d'Etat, qui doit statuer en appel sur la décision du tribunal administratif de Châlons-en-Champagne qui a déclaré Bruno Mégret (MNR) inéligible.
-Rhône-Alpes
La liste de gauche PS-PCF-PRG-Verts conduite par Jean-Jack Queyranne (PS) l'a emporté avec 46,50% des voix, devant la liste UMP-UDF (38,23%), selon les résultats officiels.
La liste UMP/UDF de la présidente sortante Anne-Marie Comparini (UDF) et du ministre de l'Agriculture Hervé Gaymard (UMP) a recueilli 38,23% des suffrages. L'UDF a perdu la seule région qu'elle présidait. Le Front national a obtenu 15,28% voix.
-A Paris
Paris, trois ans après s'être dotée d'un maire socialiste en la personne de Bertrand Delanoë, a fortement accentué son ancrage à gauche dimanche au second tour des régionales, en donnant une majorité absolue à la liste de Jean-Paul Huchon (PS).
Dans un contexte de forte participation (66,8%), soit 4 points de mieux qu'au premier tour, le président PS sortant a obtenu 50,44% contre 43,45% à Jean-François Copé et sa liste UMP-UDF.
Traditionnellement faible à Paris, le FN n'a pas fait mieux que 6,11%, en baisse de deux points sur le 21 mars, où déjà le score parisien de Marine Le Pen était inférieur à son score francilien.
La fille du fondateur du FN ne dépasse 7% que dans les arrondissements du nord est (XVIII, XIX, XXèmes) et descend sous la barre des 5% dans les arrondissements du centre (II, III, IV, V, VI).
Le XXème est l'arrondissement champion du vote de gauche avec un étonnant 64,46% pour Huchon, ce qui le place en tête des arrondissements parisiens qui dépassent les 60% pour la gauche (III, X, XI, XVIII, XIX, XX).
Symbole du poids accru du PS et de ses alliés dans la capitale: le Vème, arrondissement qui avaient élu Jacques Chirac et Jean Tiberi, donne 51,76% de ses suffrages à la gauche.
La droite pour sa part se maintient dans ses bastions de l'ouest: 74,67% dans le XVIème, 69,21% dans le VIIIème, 68,81% dans le VIIème.
Mais les quartiers scrutés avec le plus d'attention seront ceux où peuvent se jouer les prochaines municipales : le XIIème où la gauche (52,73) améliore de près de deux points son taux de mars 2001, le IXème où la liste Huchon, à 51,56%, frôle le score municipal (52,01). Dans le IVème, légère érosion mais bonne avance encore pour la gauche à 53,38%, contre 54,23% il y a trois ans.