Mars-avril 2004
 
 
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Patrick Binder (FN)
« Nos élus régionaux seront aux municipales »

Patrick Binder : « Dimanche, je m'attends à un résultat serré. »(Photo DNA)

DNA. - Vous perdez deux points par rapport au scrutin régional de 1998 et obtenez cinq points de moins que Le Pen à la présidentielle de 2002. Après cette relative contre-performance, vous pensez avoir une marge de progression pour le second tour ?
 Patrick Binder. - Oui, et cette marge de progression est énorme, puisque nous avions sur notre droite une liste qui développait les mêmes thèmes et aurait dû logiquement reporter des voix sur nous. J'entends récupérer cet électorat, d'où la main que j'ai tendue à Alsace d'abord ! Je suis ouvert au dialogue à partir du moment où on accepte de se regrouper sous une même bannière ; mon but est de rassembler. Ce sont les grands partis qui raflent la mise à chaque élection. Il n'y a pas de place à la droite de la droite du Front national pour des mouvements comme le MNR ou Alsace d'abord !, sans ancrage politique national. Dimanche, donc, je m'attends à un résultat serré ; j'espère être le plus près possible de Zeller.
 - Vous revendiquez les voix d'Alsace d'abord !, que vous attaquiez durant la campagne de 1er tour. Qu'avez-vous à dire aux électeurs du mouvement régionaliste dont vous voulez récupérer les suffrages ?
 - Je dis que nous défendons les intérêts de l'Alsace, d'abord, mais dans le cadre d'une réflexion nationale ; nous sommes un parti national avec un fort ancrage régional. Sur tous les dossiers régionaux, par exemple les TGV ou le bilinguisme, le FN s'engage à être à la pointe du combat. Il n'est pas anti-régionaliste, ni anti-européen, comme cela a été dit. Jamais on ne trouvera une critique à l'égard de la construction européenne. Simplement, nous sommes pour une autre Europe, une Europe des nations, avec des frontières, des contrôles, de la coopération en matière d'économie, de sécurité, etc. D'ailleurs, nous le prouverons aux élections de juin.
 - Vous annoncez des succès qui ne viennent pas : vos bons scores ne sont jamais suffisants pour vous permettre de gagner. C'est la victoire impossible, non ?
 - On pourrait le croire. Ce qui a péché, peut-être, c'est un certain manque de notoriété. J'étais le seul élu du conseil régional sortant. Ce qu'il nous faut, maintenant, c'est reconquérir l'électorat qu'on a perdu. Dans les six ans à venir, il va falloir s'implanter. C'est pourquoi tous les élus que nous aurons au conseil régional seront têtes de listes aux municipales. Il faudra aussi rallier des maires au FN et briser le tabou à son égard. A partir de là, tout sera différent.

25/03/2004

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