|
| Dimanche, les électeurs auront le choix entre les trois listes qui, comme prévu, se sont inscrites à la préfecture de région hier soir à 18 h.(Photo DNA) |
La liste UMP-UDF conduite par Adrien Zeller, la liste PS-Verts conduite par Jacques Bigot et la liste FN conduite par Patrick Binder se présentent avec les mêmes personnes et dans le même ordre qu'au premier tour (voir les DNA du 24 février).
Ni Zeller ni Bigot n'ont accepté le « contrat clair » que leur avait proposé Antoine Waechter : « Réintroduite au conseil régional des écologistes indépendants, écartés par un mode de scrutin inique ». Si l'objectif était clair en effet, obtenir des sièges, la méthode en revanche l'était beaucoup moins, dans sa volonté de gommer tout clivage, comme si un partenariat avec la droite ou la gauche, c'était blanc bonnet et bonnet blanc.
Waechter : rejeté
des deux côtés
Le PS, conforté par les Verts, « n'accepte que des partenaires soumis. Ses alliances ne se fondent pas sur des convictions, elles sont tactiques », a commenté hier Antoine Waechter. Quant à Adrien Zeller (que Waechter avait aidé, en 1996, à enlever la présidence du conseil régional, après la mort de Marcel Rudloff), il « n'a pas osé imposer une logique collective face aux stratégies personnelles de ses colistiers. Il s'est heurté à l'opposition d'une partie de sa liste d'intégrer des écologistes indépendants ».
Antoine Waechter en veut surtout au nouveau mode de scrutin qui « écarte les partis de l'alternative pour n'y laisser que ceux de l'alternance. Avec l'ancien mode de scrutin, le MEI aurait eu deux élus dans le Haut-Rhin et deux dans le Bas-Rhin. Il n'est pas dans notre pratique de donner des consignes de vote : en la circonstance, de telles consignes seraient même indécentes ».
Robert Spieler, qui aurait eu la possibilité de fusionner avec la liste FN, a refusé la main tendue par Patrick Binder, pour ne pas se « discréditer dans une alliance avec un parti anti-régionaliste et anti-européen », préférant « construire pour l'avenir », en dehors du conseil régional. Il ne donne pas non plus de consignes de vote et laisse ses 62 251 électeurs décider, en personnes « majeures ». De toute façon, « nous n'avons pas la prétention de penser que les électeurs suivraient nos consignes », dit Robert Spieler.
La « vraie gauche »
pour la liste Bigot
La liste La France d'en bas, conduite par Patrick Merck et composée à 50 % de buralistes, juge son score (3,56 %, 23 536 voix) de dimanche dernier « encourageant » et entend poursuivre son action, avec un « cahier de doléances » bientôt opérationnel. Malgré des sollicitations insistantes, La France d'en bas, dont les chefs de file s'étaient clairement prononcés contre l'extrême droite avant le premier tour, ne donnent aucune consigne de vote pour le 2e tour.
Les seuls à appeler clairement à voter pour l'une des trois listes en finale, en l'occurrence celle du PS et des Verts, sont les coalisés de la « vraie gauche », la liste PCF-PRG-MRC, qui « dans un esprit de responsabilité, appellent à voter pour la liste conduite par Jacques Bigot, mais seront attentifs à ce qui va se passer, notamment pour les projets de régionalisation de la santé et les tentatives d'atteintes aux services publics ».
C.K.
24/03/2004