Mars-avril 2004
 
 
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Régionales et cantonales
42 millions d'électeurs appelés aux urnes

Les électeurs corses devront choisir entre pas moins de 19 listes.(Photo MAXPPP - Pierre Murati)
Au terme d'une campagne peu mobilisatrice, quelque 42 millions d'électeurs sont conviés aux urnes aujourd'hui pour élire leurs conseillers régionaux et dans la moitié de la France des conseillers généraux. Un double scrutin local qui aura incontestablement une portée nationale.

 Pour ce premier test grandeur nature (et dernier d'ici à 2007) sur l'action gouvernementale, les électeurs ont à choisir entre près de 17 000 candidats répartis sur 223 listes paritaires. Seulement 44 d'entre elles ont des femmes pour chefs de file.
 Ces listes reflètent tout l'éventail politique : depuis les listes d'union des trotskistes de Lutte Ouvrière et de la Ligue Communiste Révolutionnaire (LO-LCR) à celles divisées de l'extrême-droite. Le FN de Jean-Marie Le Pen est présent dans 22 des 26 régions et le Mouvement national républicain (MNR) de Bruno Mégret dans 13 d'entre elles.
 Mais combien des 42 millions d'électeurs prendront le chemin des bureaux de vote ?. Telle est l'une des interrogations majeures puisque le taux d'abstention n'a cessé de progresser de 1986 (22,1%) à 1998 (42,3%).

Vote-sanction

 A cet égard, la fermeture relativement tôt (18h ou 19h) des bureaux de vote dans des régions comme PACA ou Nord-Pas-de-Calais, tout comme le peu de moyens déployés pour inciter les Français à voter sont dénoncés par la gauche comme des facteurs favorisant l'abstention.
 Selon le ministère de l'Intérieur, 600 000 nouveaux électeurs se sont inscrits sur les listes électorales, grâce à une lettre adressée aux personnes venant de déménager. Mais si ces « nouveaux » électeurs ne votent pas, cela peut aussi augmenter l'abstention.
 Au delà de cette question, une autre demeure : à qui profitera le vote-sanction qu'une bonne moitié de Français entend infliger au gouvernement, selon les sondages ?
 L'UDF pourrait accueillir les déçus de l'UMP ; le PS et la gauche pourraient séduire des mécontents (retraités, enseignants, chercheurs, intermittents,..). Le FN pourrait bénéficier de la piètre conjoncture sociale et de sujets d'actualité comme le voile, la corruption, l'élargissement de l'Union européenne qui, généralement, servent ses idées.
 S'agissant du score du parti de M. Le Pen, tout laisse penser qu'il devrait au moins conforter son assise de 1998, où il avait atteint 15,3% des suffrages. Un score réalisé avant la scission et la création du MNR.

Darcos-Bayrou

 Une poignée de régions est sous les feux de la rampe pour des raisons stratégiques (IDF, PACA), symbolique (Poitou-Charentes) ou directement politique (rapports UMP-UDF en Aquitaine). Ou encore à cause de la grande incertitude qui pèse sur le résultat (Bourgogne, Bretagne, Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes).
 En IDF, le président sortant Jean-Paul Huchon (PS) affronte une droite divisée entre l'UMP Jean-François Copé et l'UDF André Santini.
 En PACA, la liste de gauche unie conduite par le président sortant Michel Vauzelle (PS) fait face au secrétaire d'Etat aux affaires étrangères Renaud Muselier, tête d'une liste UMP-UDF avec en embuscade, le candidat FN Guy Macary.
 Dans la région du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, les électeurs auront à choisir entre cinq listes, dont celles de l'ex-ministre Ségolène Royal (PS) et de la présidente sortante Elisabeth Morin (UMP).
 Enfin, exemple d'une âpre rivalité à droite, l'Aquitaine où le ministre de l'enseignement scolaire Xavier Darcos (UMP) affronte le président de l'UDF François Bayrou. Les deux hommes veulent reprendre la région à Alain Rousset (PS).

21/03/2004

© Dernières Nouvelles d'Alsace - 2004