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| Elizabeth Morin trouvera... |
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| ...Ségolène Royal sur son chemin.(Photo AFP) |
Pour la première fois depuis 1988, Jean-Pierre Raffarin ne se présente pas en Poitou-Charentes, mais son nom est omniprésent dans la campagne pour les élections régionales. Une victoire de Ségolène Royal, tête de liste PS-Verts-PCF-MRG, ressemblerait à un camouflet pour le chef du gouvernement.
«La démocratie
de terrain»
Dans le duel qui oppose l'ancienne ministre socialiste à Elizabeth Morin, présidente sortante héritière du siège du Premier ministre, les derniers sondages donnent l'avantage à Ségolène Royal. Sa liste recueillerait entre 42 et 44% des voix au premier tour contre 34 à 38% des suffrages pour Elizabeth Morin.
Le Premier ministre, qui suit la bataille de Matignon, met l'accent sur l'enjeu régional du prochain scrutin. Très inquiet de la perte éventuelle de son fief, il a accusé Ségolène Royal,dans une interview à La Nouvelle République du Centre Ouest, de mener « une campagne nationale » et de ne pas s'être « intéressée à ses mandats locaux ». Comparant cette élection au combat ayant opposé à Avignon Marie-José Roig, candidate locale, à Elizabeth Guigou, personnalité nationale, qui avait perdu, Jean-Pierre Raffarin a également déclaré : « On verra, entre la démocratie médiatique et la démocratie de terrain, laquelle a le plus d'influence ».
Pourtant, pour soutenir Elizabeth Morin, la droite n'a fait l'économie d'aucun de ses poids lourds médiatiques, de Nicolas Sarkozy à Michèle Alliot-Marie en passant par Alain Juppé. Pendant le salon de l'agriculture, où la région Poitou-Charentes était à l'honneur, le président Chirac et surtout le Premier ministre ont fait bénéficier la présidente sortante des projecteurs médiatiques. Enfin, Jean-Pierre Raffarin a fait le déplacement hier à Poitiers pour s'afficher aux côtés de celle qui a pris sa succession.
Sans renforts
de ténors
Ségolène Royal, elle, s'est payé le luxe de refuser tout renfort des ténors socialistes, à l'exception, en janvier, de son compagnon François Hollande. Partie tôt dans la bataille électorale, dès septembre, la député des Deux-Sèvres a mené une campagne de proximité.
Le résultat du second tour dépendra beaucoup de l'attitude de Chasse Pêche Nature et Traditions. Crédités de 9% des intentions de vote, les chasseurs sont une force politique conséquente en Poitou-Charentes. En 1998, Jean-Pierre Raffarin, minoritaire en voix, avait gardé de justesse la tête de la région grâce à un accord avec CPNT. Chef de file des chasseurs, Gérard Fontenay, vice-président régional sortant, chargé du tourisme, affirme que sa liste ne fusionnera pas avec celle d'Elizabeth Morin si elle fait moins de 10% des voix. Mais ses électeurs pourraient se reporter sur la liste UMP-UDF-MPF.
Aux extrêmes, le Front National pourrait franchir la barre des 10% lui permettant de se maintenir au second tour. La liste LO-LCR ne recueillerait, selon les derniers sondages, que 5% des voix.
Elodie Bécu (Avec AFP)
19/03/2004