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Chevènement et Borvo, en hérauts de la gauche nouvelle

Hier à Strasbourg au CIARUS, Alfred Wahl, tête de liste du MRC en Alsace et Jean-Pierre Chevènement.(Photo DNA)
Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement républicain et citoyen, et Nicole Borvo, présidente du groupe communiste au Sénat, ont justifié hier, à Strasbourg, la présence d'une liste de la « vraie gauche » en Alsace.

L'originalité de cette liste, à côté de celle de l'union PS-Verts, est de « faire apparaître une gauche nouvelle dont on a grand besoin en France dans cette période difficile à tous égards », a dit le maire de Belfort.

Responsables mais
pas coupables

 Le principal clivage est... européen. Il sépare ceux qui, « comme nous, critiquent et combattent un projet de Constitution européenne qui fige les politiques libérales », et ceux qui, tel le PS, l'approuvent. Jean-Pierre Chevènement fustige notamment la « politique industrielle qui empêche l'État français de prendre une participation dans le capital d'Alstom. C'est tragique ! »

 Chevènement est aussi critique envers le PS, qui participe d'un « système offrant une alternance sans alternative », qu'envers l'extrême gauche, « une voie stérile et sans issue ». Ses propos, tout comme ceux de Nicole Borvo ou de Laetitia Rabih (radicaux de gauche) sont plus embarrassés lorsqu'il s'agit d'expliquer pourquoi le MRC, le PCF et le PRG font alliance avec les socialistes dans certaines régions et les combattent durement dans d'autres, au risque d'empêcher, peut-être, la gauche d'être représentée au conseil régional. « J'espère que ça n'arrivera pas. Mais si c'était le cas, la culpabilité ne nous étoufferait pas », dit Mme Rabih. « Je ne vois pas pourquoi c'est nous qui devrions toujours nous incliner, alors que nous sommes la vraie gauche », ajoute Alfred Wahl, tête de liste en Alsace.
 L'Alsace, estime Jean-Pierre Chevènement, est le cas de figure idéal. Même si, « pour le 2e tour, nous ferons ce qu'il faut. Nous sommes ouverts à une fusion avec le PS ». Et après les élections, « nous devrons faire un examen en profondeur des causes de l'abstention et de la faiblesse de la gauche, élaborer des propositions alternatives et redonner du sens à la gauche tout entière », dit Nicole Borvo, qui appelle avant tout à combattre une « droite qui n'a jamais été aussi réactionnaire depuis Vichy ».

C.K.

18/03/2004

© Dernières Nouvelles d'Alsace - 2004