Mars-avril 2004
 
 
Un forum spécial sur les élections est ouvert :

> Tous les forums

Elections régionales en Lorraine
La droite divisée par... l'A32

Jean-Louis Masson (ci-dessus à gauche), démissionnaire de l'UMP pour conduire une liste dissidente, et Jean-Pierre Masseret, à la tête de la liste PS-Verts-PCF.(Photo AFP)
Gérard Longuet (UMP), candidat à sa propre succession.(Photo AFP)
Gérard Longuet (UMP), candidat à sa propre succession.(Photo AFP)
Gérard Longuet, candidat à sa propre succession, doit affronter deux listes concurrentes à droite pour le premier tour. Parmi les principales raisons de la discorde : le tracé de l'A32 qui doit permettre de désengorger l'A31.

 La droite part en ordre dispersé face aux socialistes, menés par Jean-Pierre Masseret, qui ont choisi l'union avec les Verts et le PCF. Gérard Longuet, président du Conseil général et sénateur UMP de la Meuse, brigue un troisième mandat. Mais sa liste, « Majorité Lorraine », sur laquelle figure en troisième position le ministre de la Culture Jean-Jacques Aillagon, est concurrencée par son propre camp.
 Jean-Louis Masson, sénateur de Moselle, a démissionné de l'UMP pour présenter une liste dissidente. Son principal cheval de bataille est son opposition au tracé de l'autoroute A 32 visant à désengorger, en 2015, l'A31 sur laquelle, sur certaines portions urbaines, le trafic atteint 110 000 véhicules par jour. Au contournement par l'Est proposé par Gérard Longuet, la liste « Lorraine Avenir » préfère un passage par l'Ouest. Jean-Louis Masson, électron libre de la droite régionale, a été rejoint par une autre figure de la majorité : la député UMP de Moselle Marie-Jo Zimmermann, vice-présidente du Conseil régional. Ce ralliement a déclenché les foudres des instances du parti. Le camp Aillagon a qualifié d'« irresponsable » la candidature de Marie-Jo Zimmermann et demandé son exclusion de l'UMP.

Le jeu du FN

 Une troisième concurrente est sur la ligne de départ à droite. L'UDF, qui avait approché en vain le patron de Radio France Jean-Marie Cavada, a choisi comme tête de liste Nathalie Griesbeck, adjointe à la mairie de Metz. Affirmant que la Lorraine est « une terre centriste », elle fait campagne pour « prouver qu'il existe encore, entre un parti socialiste qui a déçu et un parti UMP qui veut faire la loi, des femmes et des hommes pour qui le dialogue et la proximité ont un sens ».
 Les divisions de la droite parlementaire réjouissent le Front National. En progression dans cette région qui subit les conséquences douloureuses des délocalisations, le parti de Jean-Marie Le Pen compte dépasser la barre fatidique des 10%. En 1998, il avait recueilli 16,4% des suffrages et au premier tour de l'élection présidentielle de 2002 Jean-Marie Le Pen était arrivé en tête au premier tour avec 21,24% des voix devant Jacques Chirac (18,93%) et Lionel Jospin (14,93%). A l'extrême-droite, le MNR de Bruno Mégret sera également présent.
 L'opposition de gauche, qui détient 25 des 73 sièges au conseil régional, est parvenue elle in extremis à se rassembler autour du socialiste Jean-Pierre Masseret. PS, Verts et Communistes figurent sur la liste commune « Rassemblement pour la gauche ». Malgré cette union, la gauche est fragilisée par la concurrence de la liste d'extrême-gauche LO-LCR et d'une autre liste constituée de membres du PRG et de chevènementistes, guidée par un avocat messin Daniel Delrez.

Elodie Bécu (avec AFP)

18/03/2004

© Dernières Nouvelles d'Alsace - 2004