Mars-avril 2004
 
 
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UMP-UDF
Adrien Zeller : « Le langage misérabiliste n'est pas justifié »

Adrien Zeller, tête de liste UMP-UDF : « Notre priorité, pour le mandat 2004-2010, sera de contribuer à l'amélioration de la situation économique et de l'emploi en Alsace ».(Photo archives DNA)
En tant que président sortant du conseil régional, Adrien Zeller est dans le collimateur des huit autres listes. Ses réponses à leurs principales interpellations.

DNA.- On vous reproche de ne pas avoir su anticiper la crise industrielle en Alsace.
 Adrien Zeller  : C'est faux. Il y avait 470 000 Alsaciens au travail en 1997, il y en a 520 000 aujourd'hui. Nous avons dû affronter le reflux des frontaliers, faire face à l'arrivée de 8 000 à 10 000 jeunes sur le marché du travail tous les ans. Nous sommes très dépendants de l'économie internationale. Mais, Dieu merci, l'artisanat, le tourisme et les services résistent au choc et créent des emplois. L'investissement industriel progressera de 20 % en 2004, selon la Banque de France.
 En dépit des difficultés, nous avons fait progresser l'Alsace sur tous les plans. Nous aidons 800 PME-PMI par an. Nous avons développé tous les dispositifs possibles pour soutenir la mutation industrielle, la compétitivité, la formation professionnelle.
 - Et pourtant, ces mesures ont été impuissantes à freiner la montée du chômage, qui progresse deux fois plus vite qu'en moyenne nationale.
 - Les grands groupes industriels ont des stratégies de transfert d'une partie de leur croissance vers l'Europe centrale ou des horizons plus lointains. Cela nous a touché dans des proportions brutales que personne n'avait prévues.
 Mais le langage misérabiliste sur l'économie alsacienne n'est pas justifié. Le tissu des petites entreprises et de l'artisanat reste riche. Toutes nos aides s'adressent à eux. Les PME-PMI touchent en aides à l'exportation, au conseil, à la modernisation, au transfert technologique l'équivalent de 8 % des impôts qu'elles versent. Nous avons traversé une période difficile, mais nous voyons les clignotants virer au vert.
 - L'Alsace, disent les statistiques, est en retard dans le domaine de la formation.
 - Uniquement si on rapporte les dépenses de formation à l'ensemble de la population. Si on les rapporte au nombre de demandeurs d'emploi, notre effort est supérieur de 25 % à la moyenne nationale. A la suite de la hausse du chômage, nous avons augmenté de 12 % notre budget formation en 2004 ; nous formerons 20 000 demandeurs d'emploi au lieu de 12 000 par an.
 Nous avons moins de bacheliers parce que, pendant longtemps, les jeunes ont choisi des filières professionnelles qui leur permettaient de trouver facilement un emploi bien rémunéré, notamment en Allemagne. Les métiers de base, tels que soudeur ou couturière industrielle, sont en train de disparaître, mais on continue à manquer de personnels qualifiés dans l'industrie. Il faut donc élever le niveau de qualification.
 - On vous accuse de saupoudrage. Les aides à l'hôtellerie familiale, par exemple, sont jugées inutiles.
 - Sans ces aides, l'hôtellerie ne se serait pas modernisée et la fréquentation touristique en aurait souffert. Notre soutien déclenche souvent des décisions positives d'investissements. Quant à la dispersion des moyens, elle nous est reprochée par Jean Schwebel (président du Medef du Bas-Rhin), dont la voix semble d'ailleurs isolée au sein du patronat. Il voudrait que l'Alsace devienne un paradis fiscal, pour y installer des plateaux d'urbanisation, comme celui de Kirchberg au Luxembourg.
 Il ne sait pas que la France n'est pas décentralisée comme ses voisins, il ferait bien d'apprendre comment fonctionne notre système institutionnel. La France est un pays qui n'a pas décentralisé sa politique industrielle, pas plus que son université ou sa recherche.
 - Vous n'auriez pas non plus été assez ferme dans la négociation du TGV...
 - Nous avons réussi à nous faire desservir par deux TGV. C'était notre stratégie. Le conseil régional a toujours affiché la volonté de ne pas sacrifier l'un à l'autre. Pour le TGV Est, j'ai personnellement obtenu, pour l'Alsace, un financement inférieur de 60 millions d'¤ à celui que proposait Catherine Trautmann, à l'époque ministre de la Culture, ainsi qu'une clause de retour sur les bénéfices. Dans ce domaine, les n'y qu'à sont nombreux. Si on avait écouté les donneurs de leçons, le chantier du TGV Est serait encore dans les cartons parisiens.
 - Et que proposez-vous pour la suite ?
 - Entre 2004 et 2010, nous poursuivrons le programme de modernisation le plus important que l'Alsace ait jamais connu. C'est possible grâce au désendettement que nous avons engagé ces trois dernières années. Nous resterons fidèles à notre image d'impartialité, de transparence, de compétence et de solidarité. Voter pour les extrêmes est non seulement sans issue, mais nuisible pour les intérêts de l'Alsace. Notre engagement est de réconcilier les Alsaciens avec l'action publique au service du bien commun.

Propos recueillis par Claude Keiflin

18/03/2004

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