Mars-avril 2004
 
 
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Elections régionales en Aquitaine
Un duel fratricide à droite

De gauche à droite : Alain Rousset (PS), Xavier Darcos (UMP) et François Bayrou (UDF).(Photo AFP)
De gauche à droite : Alain Rousset (PS), Xavier Darcos (UMP) et François Bayrou (UDF).(Photo AFP)
François Bayrou, qui s'oppose aussi bien au président socialiste sortant Alain Rousset qu'au candidat UMP Xavier Darcos, ne cache pas son ambition présidentielle pour 2007. Les divisions à droite pourraient profiter à la gauche qui détient la région depuis 1998.

 En Aquitaine, à droite, la bataille pour le premier tour des régionales a des airs de guerre fratricide. François Bayrou fait cavalier seul et affronte son ancien directeur de cabinet au ministère de l'Education nationale, Xavier Darcos, le ministre UMP délégué à l'enseignement scolaire.
 Conformément à la stratégie qu'il a définie pour son parti, le président de l'UDF a refusé de conduire une liste d'union avec l'UMP. Il justifie sa candidature par sa volonté de changer le paysage politique français, « coincé entre deux forces : le PS d'un côté et le RPR, devenu l'UMP de l'autre ». Le candidat UDF insiste sur le double enjeu des élections : local et national. François Bayrou, qui se présente dans le fief girondin d'Alain Juppé, ne cache pas son ambition présidentielle pour 2007.

« Rastignac béarnais »

 Et c'est bien ce que lui reprochent ses principaux adversaires qui le taxent du surnom ironique de « Rastignac béarnais ». Selon eux, François Bayrou considère la région comme un tremplin pour l'Elysée. Xavier Darcos, son concurrent à droite, fustige le combat solitaire du président de l'UDF. Au fur et à mesure de la campagne, les relations entre les deux hommes se sont tendues, rendant plus difficiles les discussions pour l'union au second tour.
 Mais le principal ennemi pour la droite reste Alain Rousset. Le président socialiste sortant, s'il souffre d'un déficit de notoriété par rapport à ses deux adversaires, a su bien s'implanter dans la région. Il a constitué une liste d'union avec les Verts et le PRG et espère bénéficier des dissensions à droite. Le socialiste mène une campagne d'opposition au gouvernement, qu'il accuse, « vingt ans après Mme Thatcher », de « démolir le service public, l'Education nationale et ce qui fait le dynamisme de la France ». Il mise aussi sur son bilan pour conserver une région conquise en 1998.

Sondage : avantage à
Alain Rousset

 Selon un sondage CSA paru lundi dans Sud-Ouest, il pourrait sortir vainqueur du scrutin. La liste PS/Verts/PRG arriverait en tête dimanche avec 36% des voix devant celles de François Bayrou (19%) et de Xavier Darcos (18%). Au second tour, en cas de triangulaire avec le FN et une liste UMP-UDF, la liste d'Alain Rousset est créditée de 47% des intentions de vote contre 43% pour une liste menée par M. Bayrou et recueillerait 50% des voix si la liste de droite était menée par M. Darcos. Dans l'hypothèse de l'absence du Front national au second tour, Alain Rousset recueillerait 52% des voix s'il affrontait une liste UMP-UDF menée par François Bayrou et 54% si la liste était menée par Xavier Darcos.
 Au total, sept listes se disputeront les suffrages des électeurs, dont celle du PCF et celle de l'extrême gauche. Chasse pêche nature et traditions (CNPT) espère atteindre la barre des 10 % nécessaires pour se maintenir au second tour. Si ce n'était pas le cas Jean Saint-Josse, le président du mouvement qui avait remporté huit sièges en 1998, a indiqué qu'il n'y aurait « ni fusion, ni désistement ». Quant au FN, il entend conforter le score qu'avait réalisé Jean-Marie Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle, 13,17%.

Elodie Bécu (avec AFP)

17/03/2004

© Dernières Nouvelles d'Alsace - 2004