Mars-avril 2004
 
 
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Le rêve de Delevoye




Philippe Delevoye: un statut à double tranchant.(Photo archives AFP)



Les derniers scrutins ont ébranlé la traditionnelle suprématie du PS dans le Nord. La droite rêve de prendre la présidence régionale.

Droite et gauche partent en ordre dispersé. L'UMP Jean-Paul Delevoye part seul, sans alliance avec l'UDF. Un moment tentée de le rejoindre, la candidate UDF Valérie Létard en a été dissuadée par François Bayrou, qui a défendu dans le Nord sa stratégie d'autonomie par rapport à l'UMP.

« Voter utile »

Le PS fait également cavalier seul : le Nord-Pas-de-Calais est la seule région où les anciens partenaires de la gauche dite "plurielle" (PS, Verts, PCF) présentent chacun des candidatures séparées. La présence de onze listes et la force du vote en faveur des extrêmes pourraient donner lieu à une triangulaire voire une quadrangulaire (droite, gauche, FN, extrême-gauche) au second tour, le 28 mars.
Daniel Percheron, président sortant et tête de liste PS, appelle au « vote utile » dès le premier tour afin de contrer la liste menée par le président du groupe communiste à l'Assemblée nationale, Alain Bocquet, et celle de l'élu vert Jean-François Caron.
Le statut de Jean-Paul Delevoye est à double tranchant. Ministre de la Fonction publique, il bénéficie d'une indéniable aura médiatique par rapport à son adversaire Daniel Percheron. Mais dans cette région ébranlée par les difficultés économiques, il peut être directement victime d'une sanction visant le gouvernement. C'est le principal angle d'attaque de ses adversaires, qui dénoncent la multiplication des plans sociaux : le Nord-Pas-de-Calais affiche un taux de chômage de 12,5%, ce qui le place en avant dernière position française devant Languedoc-Roussillon).

Les extrêmes

L'issue du scrutin dépendra du vote en faveur des extrêmes. Le Front National et l'extrême gauche ont beaucoup profité de l'érosion du PS et du PCF dans la région depuis 1992. Le FN est en progression dans le Nord-Pas-de-Calais (10% en 1986, 15% en 1998). Lors de l'élection présidentielle de 2002, le dirigeant d'extrême droite avait obtenu 19% des suffrages au premier tour et 21,9% au second ; ses meilleurs scores, il les avaient trouvés dans les cités populaires de l'ancien bassin minier auparavant acquises au PCF. La liste FN menée par Carl Lang est donc en mesure d'être présente au second tour.
L'extrême-gauche a recueilli 5,6% des voix en 1998 obtenant sept sièges. A la présidentielle de 2002, le tandem Laguiller-Besancenot avait totalisé 12,3% des suffrages nordistes.



Elodie Bécu

13/03/2004

© Dernières Nouvelles d'Alsace - 2004