Mars-avril 2004
 
 
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Débat DNA
Etat des lieux et propositions des têtes de listes

La salle était pleine pour le débat organisé mardi soir à Strasbourg.(Photo DNA-Cédric Joubert)
Qu'ont à proposer les neuf listes se présentant aux élections régionales sur les grands dossiers alsaciens ? Emploi et formation, transports et environnement : ce qu'ont dit les têtes de listes, mardi, à Strasbourg, lors du grand débat DNA.
 
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EMPLOI et FORMATION

Adrien Zeller (UMP-UDF) : « Oui, il y a des chômeurs durement touchés, mais nous essayons de les aider. Nous stimulons la création d'entreprises, modernisons l'artisanat et les PME, activons les transferts de technologie. Nous avons aussi accentué nos efforts pour créer des pôles de compétences. Le pôle image, c'est 2000 emplois nouveaux. L'économie est en mutation ; il y a d'un côté des choses qui disparaissent, de l'autre des opportunités nouvelles. »
Robert Spieler (AA) : « La situation que vit l'Alsace n'est rien par rapport à ce qu'elle risque de vivre dans plusieurs mois. Cela fait dix ans que nous disons " Attention, cette super-richesse de l'Alsace n'est qu'une apparence ! " Nous réclamons un plan d'urgence pour aider à la modernisation de l'industrie. »
Françoise Ruch (LO-LCR) : « Il n'y a qu'une solution pour que l'économie aille mieux : il faut augmenter les taxes sur les profits et que la Région passe la moitié de son budget à créer des emplois dans les services publics, dans les quartiers, les écoles, les hôpitaux. Le reste, on a déjà vu ! »
Alfred Wahl (PCF-MRC-PRG) : « Si nous sommes toujours en dessous de la moyenne nationale pour le taux de chômage, notre région est celle où il augmente le plus vite. Ce chômage tient à la gestion de la formation ; on fabrique des salariés à formation courte. C'est un mythe de dire " Apprenez un bon métier et vous serez tranquille toute votre vie ". Si vous n'avez pas de formation qui vous prédispose à changer de métier ou de situation, vous êtes perdants ! Nous avons un déficit de formations longues. Nous sommes en dessous de la moyenne nationale pour les bacheliers et les techniciens. Là, le conseil régional a du travail à faire. »
Antoine Waechter (MEI) : « Cela ne sert à rien de chercher au niveau de la gestion régionale la seule cause de la situation en Alsace ; ce serait se tromper de diagnostic et donc de remède. Dans le passé, on a trop mis l'accent sur la recherche d'investissements étrangers : il faut relocaliser l'économie. L'investissement prioritaire doit se faire sur les PME et les acteurs locaux. Il faut développer les gisements d'emploi dans le tertiaire, l'ingénierie, l'artisanat, l'industrie de production qui appuie le noyau de son développement sur le marché européen. »
Patrick Binder (FN) : « Les délocalisations coûtent cher à l'Alsace qui ne peut pas concurrencer. Le grand problème, c'est l'ouverture des frontières. Mais il y a quand même une lourde responsabilité de l'Alsace, où nous n'avons pas su fédérer les énergies, regrouper les compétences, les mettre en réseau. Aujourd'hui, il y en a pour tout le monde, aucun ciblage, aucune organisation... »
Jacques Bigot (PS-Verts) : « Il faut faire face à une situation dramatique sans être démagogue, ni s'en réjouir. On ne peut affirmer qu'il y a seulement des opportunités à saisir ; on n'a pas anticipé une crise structurelle. Il faut créer les conditions d'une nouvelle vitalité, être volontariste. Il faut avoir une stratégie sur nos pôles d'excellence. »
Patrick Merck (France d'en bas) : « La relance de l'emploi, on n'y a pas réfléchi. On sait que la Région a intérêt à attirer des entreprises sur son territoire. Mais quand on octroie des aides à l'implantation, derrière, il faut suivre. Il faudrait récupérer cet argent. »
Pascale Grauss (PF) : « C'est la simplification qui peut permettre aux entreprises de ne pas fermer. Nous avons aussi une autre proposition : que les grandes entreprises puissent encourager les entreprises qui se créent avec du mécénat. »

ENVIRONNEMENT
et TRANSPORTS

Antoine Waechter : « Il y a deux sources de pollution, les transports motorisés et l'agriculture. Nous respirons davantage de produits phytosanitaires que nous n'en ingérons. Il faut s'orienter vers des contrats d'agriculture durable. La Région doit avoir un rôle de chef d'orchestre en matière de schéma de transports. Il faut stabiliser aujourd'hui le trafic routier qui augmente de 2 à 3% voire 5% dans certains secteurs »
Françoise Ruch : « L'environnement est menacé en Alsace comme ailleurs. On est entouré de petits AZF en puissance : il faut lever le secret industriel. Adrien Zeller est très fier de ce que fait la Région pour le TER, mais le billet de train Strasbourg-Mulhouse coûte 14,10¤ ; c'est trop cher quand on gagne 850 ¤ par mois. Il faut rendre les transports gratuits. »
Robert Spieler : « Alsace d'abord ! réclame un véritable transfert de compétence de Paris vers la Région. Nous revendiquons de piloter la politique en matière d'environnement, avec en charge le suivi de l'air et de l'eau. Ce problème d'environnement est lié à la santé. Nous souhaitons une agence régionale de la santé. »
Jacques Bigot : « L'Alsace est un territoire très fragile, la nappe phréatique y est très polluée. Dans une Alsace où nous souffrons de problèmes de santé, il faut que le conseil régional incite nos concitoyens à avoir d'autres comportements. Il ne faut pas opposer écologie et emploi. Par exemple, la dépollution de la nappe suscitera des emplois. La lutte contre la pollution passe par les transports collectifs. Malheureusement, les projets de tram sont en difficulté en raison du désengagement du gouvernement Raffarin »
Patrick Merck : « Il y a beaucoup à faire. Il faudrait mettre en circulation des bus électriques au lieu du gasoil. Il faudrait axer l'environnement, pour être plus propre, au niveau du tri sélectif. »
Pascale Grauss : « Nous sommes pour le ferroutage. Il faut aussi faire de la prévention et de l'éducation. Des petites actions pourraient éviter bien des problèmes. »
Adrien Zeller : « Dans le domaine de l'environnement, nous sommes plus que motivés. La Région Alsace est la première de France pour les énergies renouvelables, les transports collectifs et le soutien à l'agriculture biologique. Les problèmes de qualité de l'air touchent l'ensemble du Rhin supérieur, mais grâce à notre travail, la situation est stabilisée en Alsace. Notre ambition est de faire mieux. Nous sommes candidats pour gérer la PAC en région et mieux combiner et concilier environnement et agriculture. »
Patrick Binder : « Si la Région a investi dans les énergies renouvelables, nous sommes largement en retard. Il faut une politique nationale, pas seulement des petites actions locales. »

11/03/2004

© Dernières Nouvelles d'Alsace - 2004