Mars-avril 2004
 
 
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Débat DNA : les têtes de listes confrontent leurs programmes

Les neuf têtes de listes aux élections régionales ont confronté leurs programmes hier soir à Strasbourg, devant environ 700 personnes.(Photo DNA-Cédric Joubert)
Comment ramener la prospérité et l'emploi en Alsace ? Comment adapter la formation ? Que faire face à la dégradation de l'environnement ? Les neuf têtes de listes aux élections régionales ont confronté leurs programmes hier soir à Strasbourg, à l'invitation des DNA.

Interrogés sur leurs propositions pour l'Alsace, en matière d'emploi, d'économie, de formation ou encore d'environnement (*), les neuf têtes de listes ont aussi exposé, hier soir, ce que sont leurs ambitions.
 Tête de liste d'Alsace d'abord !, Robert Spieler s'est défendu d'emprunter la « boîte à idées » frontiste, faisant valoir des divergences sur le régionalisme et l'Europe. « Nous n'avons pas vocation à remplacer le Front national. Sur notre liste, seules une dizaine de personnes sont d'ailleurs issues de ce mouvement. Notre cible prioritaire, ce sont les déçus de la droite UDF-UMP, mais aussi les abstentionnistes » qui ne voient pas de différence entre droite et gauche, soit « 26% des Français » selon un sondage cité par le leader régionaliste d'extrême droite.
 François Ruch, à la tête de la liste alliant Lutte ouvrière et la Ligue communiste révolutionnaire, a revendiqué sa volonté d'être « les yeux et les oreilles de la population laborieuse », tout en reconnaissant « les limites » de la compétition électorale dans l'objectif de lutte que s'est fixé l'extrême gauche. « Aucune élection ne remettra en cause le choix d'une société qui s'enfonce dans la déliquescence à cause des choix des gouvernements successifs. Il faudrait des mouvements sociaux comme Mai 1968 ».
 Leader de la liste du Front national, Patrick Binder s'est lui défendu de n'avoir pas de « programme pour le conseil régional alsacien », Assurant avoir « un discours en cohérence par rapport à ce que les Alsaciens attendent », il a affirmé ne pas compter sur le seul effet protestataire ou sur le vote sanction, convenant cependant que la droite est son adversaire : « Mon objectif, c'est de battre Adrien Zeller et personne d'autre ».

Contestation du
« libéralisme sauvage »

 A gauche, Alfred Wahl, leader de la liste rassemblant MRC, PRG et PCF, a lui aussi désigné comme « adversaire privilégié » le président sortant UMP du conseil régional. Ecartant le reproche de la division d'avec le PS et les Verts, qui font alliance de leur côté, il s'est réclamé d'une « gauche authentique » contestant le « libéralisme sauvage, dogmatique », cette nouvelle religion de la société. « Il y a beaucoup de divisions à gauche », lui a cependant répliqué Adrien Zeller, sans oublier de fustiger « les règlements de compte à l'extrême droite ». A la tête de la liste UDF-UMP, il s'est posé en leader de l'union d'une droite qui s'est retrouvée car « elle risque bien d'avoir à assumer des responsabilités », soit, clairement, à continuer de diriger le conseil régional.
 Jacques Bigot s'est flatté de son côté d'avoir lui aussi réussi une union, celle des socialistes et des Verts, réunis par « un programme largement partagé ». Il a souligné la « nécessité de se rassembler alors que l'Alsace souffre d'une grave crise de l'emploi et de graves problèmes de pollution ». Antoine Waechter, un temps en discussion avec les Verts pour faire liste commune, conduit seul la liste de son Mouvement écologiste indépendant. Il en a justifié l'ambition : celle de « changer la logique économique d'une région » qui souffre d'un mauvais « état sanitaire », de proposer « une stratégie d'adaptation, pour que la politique d'emploi se fonde sur le respect de l'Alsace et de ses habitants ».
 A la tête de la liste de « la France d'en bas » formée par les buralistes, Patrick Merck n'a pas nié toute arrière-pensée corporatiste, tout en affirmant « rouler pour les citoyens ». « Nous sommes une liste de personnes qui défendent les intérêts de citoyens », s'est également présentée Pascale Grauss, pour le Parti fédéraliste, avant que le débat n'entre dans le détail des programmes.

N.C.

(*) Demain dans les DNA, le verbatim des propositions des têtes de listes et nos informations sur le nouveau mode de scrutin.

10/03/2004

© Dernières Nouvelles d'Alsace - 2004