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| Trois parmi les principaux candidats (de gauche à droite): Martin Malvy (PS), Michgel Valdiguié (UDF) et Jacques Godfrain (UMP).(Photo AFP) |
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| Trois parmi les principaux candidats (de gauche à droite): Martin Malvy (PS), Michgel Valdiguié (UDF) et Jacques Godfrain (UMP).(Photo AFP) |
La gauche l'avait emporté de justesse, en 1998 sur la droite. Six ans plus tard, c'est très tranquillement qu'elle part aujourd'hui largement favorite. Fort d'un bilan jugé globalement positif, et d'une gestion très consensuelle, le président socialiste sortant Martin Malvy part confiant dans la bataille du scrutin régional des 21 et 28 mars en Midi-Pyrénées.
Il n'y aura pas de revanche. L'ancien patron libéral de la région, Marc Censi, a renoncé à remonter au feu. C'est le député-maire UMP de Millau, le gaulliste Jacques Godfrain, qui a donc repris le flambeau. Sans agressivité particulière : son programme n'est guère différent de celui qu'il défie aujourd'hui et les deux projets s'inscrivent eux mêmes dans une continuité qui a résisté à l'alternance politique : gestion rigoureuse dans une logique européenne, alliances régionales avec l'Aquitaine et le Languedoc pour constituer une super région de sept millions d'habitants, grand contournement de Toulouse, liaisons routières dignes de ce nom entre la métropole et les départements du nord de la région, attente d'un TGV Paris Toulouse, à défaut du train pendulaire promis puis abandonné par l'État et la SNCF.
Un échiquier
très carré
Une campagne bien paisible, donc sur un échiquier bien carré. Propulsé à la tête de l'assemblée régionale en 1998 par une majorité relative, à la faveur du bon score du Front national, l'ancien ministre du Budget a réussi à reconstituer l'attelage PS-PCF-PRG victorieux il y a six ans. Seuls les Verts lui ont finalement fait faux bond, préférant rallier la liste alternative de gauche conduite par le porte-parole des sinistrés d'AZF Jean-Pierre Bataille.
L'équilibre des forces, lui aussi, est assez transparent. Malvy peut compter sur l'héritage de cette région historiquement ancrée à gauche. Godfrain compte sur l'effet provoqué par le passage dans le giron de la droite, en 2001, des principales villes des huit départements de cette région grande comme la Belgique, comme : Montauban, Tarbes et Cahors.
Si les sondages placent Martin Malvy et Jacques Godfrain largement en tête au soir du premier tour, leur face-à-face annoncé du second tour sera animé par les foucades de l'UDF et du Front national. La première, emmenée par Michel Valdiguié, n'est guère menaçante : la fusion est d'ores et déjà acquise entre les deux tours. En revanche, le jeune loup du Front, Louis Alliot, peut faire des dégâts. En 1998, l'élection de huit conseillers d'extrême droite avait privé Marc Censi d'une réélection qui semblait possible...
Les Motivé-e-s
Sur sa gauche, Martin Malvy devra, lui, composer avec la liste alternative, curiosité politique née dans le sillon creusé il y a trois ans lors de la campagne des municipales à Toulouse par le mouvement des Motivé-e-s. Rassemblant Verts, altermondialistes, syndicalistes, régionalistes occitans et militants communistes hostiles à l'union dès le premier tour, ce ticket compte se tailler une part de choix entre le PS et l'extrême-gauche pour passer la barre des 10% des voix. Et négocier chèrement sa place sur une liste d'union de la gauche au second tour : son objectif principal reste « de battre la droite et l'extrême droite ». Quant à l'extrême gauche LCR-LO et les « chasseurs » de CPNT, ils semblent plus isolés et se contenteraient de retrouver les deux sièges arrachés par chacun en 1998.
Olivier Picard (avec AFP)
10/03/2004