Mars-avril 2004
 
 
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Parti fédéraliste
Pascale Grauss : « Nous sommes pour un gouvernement régional »

Pascale Grauss. « Il faut aller plus loin que les Länder »(Photo DNA)
A la tête de la liste du Parti fédéraliste d'Alsace, officiellement constitué l'année dernière, Pascale Grauss conduit la première campagne régionale de son mouvement, sans moyen mais avec l'objectif de porter ses idées dans le débat politique.

- DNA : Avec quelle ambition prenez-vous part à ce scrutin régional ?
- Pascale Grauss : Nous avons une liste jeune, avec une moyenne d'âge située entre 25 et 30 ans. L'objectif est d'inclure les jeunes dans une politique régionale, mais aussi de montrer qu'un parti jeune, encore un bébé, est capable de faire une liste, de faire de la politique, d'avoir une démarche citoyenne. Le conseil régional semble très loin à beaucoup. Les gens ne savent pas trop pourquoi il existe, ce qu'il fait. Ils connaissent plutôt la commune ou le département. Or, la Région est la collectivité la mieux à même de répondre et au plus vite. Elle est le lien entre l'Etat, les projets nationaux, et le quotidien. Dans notre projet, le Département n'a plus sa place.
- Sauf que la nouvelle étape de la décentralisation semble faire la part belle aux départements, davantage qu'aux régions...
- La décentralisation ne va pas se faire du jour au lendemain, mais il faut l'accentuer. On veut par exemple que la Région puisse embaucher des enseignants. L'Etat continuera d'élaborer des programmes nationaux mais il ne faut pas exclure le transfert de personnel. La décentralisation, c'est quelque chose de très fort au niveau du parti fédéraliste. Nous demandons une décentralisation des moyens, pour avoir une France fédérale dans une Europe fédérale, avec comme objectif d'assurer un meilleur service au citoyen.
- L'Allemagne est-elle votre modèle d'organisation politique ?
- Nous sommes pour un pouvoir régional fort, avec un gouvernement et un Parlement régional, un exécutif et un législatif. Mais nous allons plus loin que les Länder, puisque nous proposons un droit d'initiative des associations, des comités de quartier, pour engager des propositions législatives. On propose aussi que le Sénat actuel soit un Sénat des régions désigné par les régions qui y éliraient leurs représentants.
- Sur quels domaines de compétence le conseil régional devrait-il le plus travailler ?
- Il devrait y avoir plus d'initiative dans le domaine social, de la santé, ou encore du sport de haut niveau. Ce qui est dommage, c'est que se recoupent des compétences identiques entre collectivités. Il faudrait clarifier et définir des chefs de file. C'est à la Région d'essayer au maximum d'éclaircir les choses, en partenariat avec les autres. Je pense que le conseil régional devrait jouer un rôle moteur dans le secteur de l'éducation mais aussi au niveau de l'emploi. En Alsace, on a un potentiel énorme. Nous sommes une région qui a toujours été très commerciale, présente dans les échanges. Il faut l'exploiter ; c'est insuffisamment exploré. La priorité, c'est le savoir-faire, les ressources humaines.
- La question de l'emploi en Alsace, avec l'envolée du chômage, est au coeur des préoccupations de la population. Quelles propositions faites-vous en la matière ?
- Il faut renforcer le tissu économique régional, en remplaçant les charges sociales pénalisantes par une TVA sociale, reversée aux PME. Le réinvestissement, aujourd'hui, ne se fait pas dans l'emploi. Par ailleurs, il faut que ce soit la Région qui produise ses richesses et les utilise pour les grands projets régionaux. Il faut que l'argent des impôts directs puisse rester au conseil régional. « Un tiers des impôts à l'Etat, deux tiers des impôts aux régions », c'est un peu notre slogan. Le rôle de l'Etat reste d'assurer la péréquation entre les régions. Concrètement, on propose la création d'une caisse de solidarité interrégionale. On voit cela comme une sorte de mutuelle gérée par l'Etat mais aussi les régions.
- Vous prétendez faire campagne autrement. Cela veut dire quoi ?
- Comme nous sommes un parti jeune, nous n'avons pas de moyens. On aura peut-être quelques affiches, mais on n'a pas tracts. On va dans la rue, parler avec les gens. Notre campagne coûte 800 ¤. Nous utilisons le web, avec le site www.jevoteautrement.com pour télécharger les bulletins de vote, notre programme est sur www.parti-federaliste.fr

Propos recueillis
par Nathalie Chifflet

10/03/2004

© Dernières Nouvelles d'Alsace - 2004