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Raymond Forni (PS), maire de Delle.(Photo AFP) |
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Règlement de comptes à gauche, duel à droite : de Haute-Saône en Jura, du territoire de Belfort au Doubs, le climat politique est lourd.
Chevènement à
fond dans la bataille
Dix listes se disputent les suffrages du premier tour, le 21 mars. La gauche franc-comtoise est passée très près de la victoire aux régionales de 1998. Cette fois, elle est handicapée par les déchirements entre, d'un côté, socialistes et Verts, de l'autre, chevènementistes et communistes, face à une droite qui n'a pas, non plus, su s'unir.
La guerre fratricide des législatives de juin 2002 dans le Territoire de Belfort entre Raymond Forni, ancien président PS de l'Assemblée nationale, maire de Delle (Territoire de Belfort), et Jean-Pierre Chevènement, maire MRC de Belfort, a repris de plus belle. Les discussions menées tout l'automne n'ont pas abouti à un accord entre PS et MRC.
S'il n'est pas lui même candidat, Chevènement, qui avait réalisé 9,8 % des voix dans la région en 2002, s'est engagé à fond dans la bataille : il soutient la liste commune PC-PRG (Parti radical de gauche) que conduit la communiste Evelyne Ternant. Cette coalition « chevènementiste » se présente comme la gauche authentique, prend la défense de « l'électorat populaire » et cherche à se distinguer de la « gauche sociale-libérale » (PS-Verts).
Forni (PS) assure que ce n'est pas une bataille de chiffonniers et que l'épisode des législatives de 2002 - quand les protagonistes avaient été devancés l'un et l'autre par des inconnus - est oublié. Mais l'hostilité évidente entre les deux hommes risque de peser lourd : ils doivent compter avec l'alliance LO-LCR ; en effet l'extrême-gauche a obtenu un total cumulé de 10% des voix à la présidentielle.
Les hostilités à gauche facilitent la tâche du président UMP sortant de la région, Jean-François Humbert.
Propulsé sur le devant de la scène en 1998, en refusant d'être élu avec les voix du FN (contrairement à MM. Soisson, Millon, Baur et Blanc dans d'autres régions) avant de bénéficier du soutien « républicain » et crispé des socialistes - M. Humbert est devenu entre temps sénateur et conseiller politique d'Alain Juppé. Cet homme de terrain, élu d'un village du Haut-Doubs, mise sur son bilan pour gagner un second mandat.
Le problème FN
Il a appris à naviguer au près, sans véritable majorité : dans une assemblée où gauche et droite possédaient le même nombre de sièges (17) et face à un FN puissant (9 sièges), il a dû souvent faire usage du fameux 49.3 régional. Et faire preuve d'une habileté traditionnelle dans une région longtemps marquée par ces artistes de la politique que furent Edgar Faure et Jacques Duhamel.
Fort de six années de présidence tourmentée, M. Humbert n'est pas particulièrement inquiété par la rivalité de la liste UDF présentée par Gérard Faivre. En revanche, il n'échappera pas au problème FN : Jean-Marie Le Pen est arrivé en tête dans les quatre départements franc-comtois à la présidentielle, et la liste frontiste devrait être en mesure de se maintenir au second tour.
TGV attendus
L'éparpillement des forces politiques est un handicap pour la première région industrielle de France (peu de Français le savent), en première ligne dans les défis posés par la désindustrialisation ou les délocalisations, à commencer par celle de Peugeot qui, à Sochaux, n'emploie plus « que » 15.000 personnes contre 40.000 autrefois.
A l'heure de l'Europe, la Franche-Comté doit aussi corriger un retard important dans la construction de grandes infrastructures. Le TGV-Rhin-Rhône, et le TGV-Est, avec son raccordement au réseau ferroviaire est-européen, sont au coeur des préoccupations des acteurs économiques régionaux. Comment autant de portes de salut.
Olivier Picard
07/03/2004