Mars-avril 2004
 
 
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Elections régionales dans le Centre
La gauche, dans son Fort Chabrol

Michel Sapin a été ministre de l'Economie et des finances de Pierre Bérégovoy (1992-1993).(Photo AFP)
Le socialiste Michel Sapin avait conquis la région à l'arraché il y a six ans. En 2004, c'est tout aussi laborieusement qu'elle entend la garder. Avec l'opiniâtreté des assiégés.

La gauche de la région Centre a fait l'union la plus large derrière l'ancien ministre Michel Sapin (PS) pour conserver sa majorité, fut-elle relative, au conseil régional, son dernier bastion politique sur ce territoire de six départements contrôlés par la droite (Cher, Eure-et-Loir, Loiret, Loir-et-Cher, Indre et Indre-et-Loire).
Souvent colorée à gauche durant les années 80 et 90, la région a changé aux élections municipales et cantonales de 2001 et aux législatives de 2002. Les grandes villes, à l'exception notable de Tours, sont gérées par l'UMP ou l'UDF. Il reste deux députés de gauche sur 23 circonscriptions.

La droite, sans roi

Avec tous ces atouts, la droite n'aborde pas pour autant les élections régionales dans les meilleures conditions, en raison de ses divisions.
L'UMP a longtemps cru que l'UDF, à qui elle avait proposé de diriger la liste, ferait l'union au premier tour. Mais Jacqueline Gourault, sénatrice UDF du Loir-et-Cher, mène finalement sa propre liste. Maire d'une petite commune, cette forte personnalité, proche de François Bayrou, est très à l'aise parmi les élus du monde rural. Elle peut faire mieux qu'un bon résultat dans son propre camp. Car le parti majoritaire a tardé à trouver son leader.

Successeur de
Papon à la mairie

Alain Juppé a finalement tranché en faveur du peu charismatique sénateur du Cher Serge Vinçon, aux dépens du député libéral d'Indre-et-Loire Hervé Novelli, un choix qui n'a pas fait disparaître leur sourde rivalité, et grincer quelques dents. Successeur de Maurice Papon à la mairie de Saint-Amand-Montrond (Cher), M. Vinçon présente le handicap de ne pas cacher son respect pour l'ancien préfet de Vichy, ce qui en fait une cible de choix dans les réunions de la gauche.
Le PS et le PC ne se privent pas non plus de rappeler qu'une partie de la droite s'était alliée à l'extrême droite en 1998 avant de devoir céder la présidence au bout d'une semaine à Michel Sapin. L'ancien jeune ministre de l'économie et des finances de Pierre Bérégovoy (1992-1993) a occupé le fauteuil pendant deux ans, avant de rejoindre le gouvernement Jospin.
M. Sapin, 51 ans, pionnier en matière de gratuité des manuels scolaires dans les lycées, mène campagne tambour battant. Ayant fait l'union avec les Verts, les communistes et même les chevènementistes, il distille les promesses sur l'éducation, l'environnement, l'emploi, le train. « C'est le tout gratuit », raille Serge Vinçon dont le programme, plus axé sur les entreprises, est très proche de celui de l'UDF Jacqueline Gourault.
Chasse, Pêche, Nature et Tradition (CPNT), qui possède un unique siège et présente une liste avec des cafetiers restaurateurs, pourrait, de son côté, faire les frais d'une bataille qui s'annonce serrée.
Car si la gauche paraît légèrement favorite en cas de triangulaire avec le Front national, elle ne le serait plus si l'extrême gauche LO-LCR, qui a dépassé les 10% à la présidentielle, accédait au second tour. Les cartes seraient alors redistribuées.

Olivier Picard (avec AFP)

05/03/2004

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