Mars-avril 2004
 
 
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Les Écologistes
Antoine Waechter : « Il n'y a plus de substance active écologiste »

Antoine Waechter (liste MEI). Protéger l'environnement pour améliorer la santé des Alsaciens.(Photo DNA-Arthur Perrin)
A la tête de la liste du Mouvement écologiste indépendant, Antoine Waechter, absent depuis six années du conseil régional, affirme l'urgente nécessité de redonner une composante écologiste à l'assemblée alsacienne.

- DNA : Vous affirmez que votre liste est là pour avoir des élus et non pour faire témoignage. Qu'est-ce qui vous donne des raisons d'espérer ?
- Antoine Waechter : « Je suis infiniment plus optimiste qu'il y a six ans, car il y a moins de listes et aucune liste écologiste. 1998, c'était le creux de la vague. Cette fois, il y a une surdétermination de la crise écologique, qui est une réalité et l'emporte sur l'inquiétude économique. Face à une offre politique aujourd'hui moindre, et dans un contexte favorable, ce serait un comble de ne pas faire plus de 10% !
- Mais si votre score au soir du 1er tour se situe entre 5 et 10% des suffrages, à qui allez-vous proposer votre alliance ?
- Nous avons déjà rencontré et Adrien Zeller et Jacques Bigot. Nous avons mesuré les difficultés qu'il y aura à trouver un accord. Le premier est l'otage de ses partenaires de l'UMP, le second l'otage des Verts. Cela dit, nous avons déjà tout prévu et désigné nos négociateurs, qui discuteront avec l'un ou l'autre.
- Pourquoi auraient-ils besoin des écologistes indépendants ?
- Il n'y a plus de substance active écologiste aujourd'hui au conseil régional. Les formations politiques juxtaposent sans cohérence des demandes environnementales et économiques. Notre logique est de fonder une politique de l'emploi qui économise l'espace, ressource rare en Alsace, qui arrête la croissance du trafic routier, qui respecte l'environnement physique.
 La santé des Alsaciens n'est pas bonne. On dit que la France a l'espérance de vie qui est l'une des plus fortes au monde, mais on ne dit pas qu'on a aussi la surmortalité prématurée, avant 60 ans, la plus forte. La performance française est en sursis. L'évolution est liée à la pollution. L'Alsace a un des taux d'apparition du cancer les plus élevés de France, de même pour les affections respiratoires. Il n'y a pas eu que des morts par hyperthermie l'été dernier, avec la canicule. Il y a eu la pollution. Il n'y a pas d'air.

Pour un Parlement
régional

- Mais que peut faire le conseil régional face à ce problème sanitaire ?
- Le conseil régional pourrait tout faire, mais aujourd'hui, on se contente trop d'en faire un distributeur de subventions. Nous revendiquons une autre logique et demandons qu'il soit doté de compétences réglementaires. Ce cadre juridique n'existe pas, nous avons à le revendiquer. Nous sommes pour un Parlement régional. Ce ne serait pas comme les Länder allemands qui sont de véritables États et peuvent édicter des lois. Le règlement ne fait que procéder de la loi.
- Revenons aux compétences actuelles de la Région. Elle s'est montrée plutôt vertueuse en matière de transports, notamment à travers le ferroviaire...
- Le conseil régional est vertueux parce qu'il n'a pas en charge les routes. Il s'occupe de ce qui circule sur les rails, le conseil général de ce qui circule sur les routes. Il faudrait une mise en cohérence des deux si l'on veut stopper la croissance du trafic routier. Et en matière ferroviaire, il faudrait faire bien davantage, notamment en ce qui concerne l'aménagement des gares. Vous verriez la gare de Dannemarie, c'est le western d'avant la ruée vers l'or ! Il faudrait aussi développer de manière très forte la politique du tram-train.

Abandonner la logique
des investissements
routiers

 Dans les années qui viennent, c'est fini le déplacement en voiture à bas prix : les réserves pétrolières ne suffiront plus. On est d'ailleurs déjà dans une situation de tension, avec une demande supérieure à l'offre. Il y a trois raisons d'abandonner la logique des investissements routiers : le couperet pétrolier ; le respect des accords de Kyoto ; la santé des Alsaciens.
- Quel sera votre apport si vous êtes élu...
- En 1986, nous étions 2 écologistes sur 47 élus. Nous étions dans l'opposition, minoritaires, mais paradoxalement, nous avons marqué la politique régionale de notre empreinte. Nous ne nous contentons pas d'un rôle de parlementaire, c'est-à-dire de quelqu'un qui bavarde en séance plénière. Nous prenons l'initiative d'être porteurs de dossiers, à nous ensuite de convaincre le président du conseil régional. Marcel Rudloff, puis Adrien Zeller, étaient très ouverts là-dessus, très démocratiques.

Propos recueillis
par Nathalie Chifflet

04/03/2004

 
© Dernières Nouvelles d'Alsace - 2004