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Jospin réjouit ses amis
Défait à l'élection présidentielle de 2002, Lionel Jospin multiplie les incursions dans la campagne des régionales de mars, un renfort apprécié par ses amis socialistes unanimes à souligner son « autorité politique et morale ».
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| Déchaîné, hier.(Photo AFP) |
« Ce débat de censure est pour nous un exercice de vérité », a lancé le premier secrétaire du PS, François Hollande, en ouverture du débat sur la motion de censure à l'Assemblée.
Accusé de manoeuvres électoralistes par la droite, il a assumé l'initiative du groupe, avant de se livrer à un réquisitoire de la politique gouvernementale : « Vous avez inventé la précarité durable ; vous créez des travailleurs pauvres avec des pauvres droits ». Au passage il a attaqué l'UDF, dont il a dénoncé la « mauvaise foi ».
Le rejet
La motion n'a recueilli que 175 voix de députés PS, PCF et Verts, loin de la majorité (289 sur 577) des membres de l'Assemblée nécessaire à son adoption.
Mais elle a donné lieu à un très vif débat dans l'hémicycle. Invectivé sans discontinuer, d'abord par la gauche, puis par la droite, le patron de l'UDF François Bayrou a réussi à faire sortir de sa réserve le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, soucieux de défendre son « institution ».
L'intervention du leader centriste n'a épargné personne. Après une attaque en règle du PS qui n'a « renouvelé aucune de ses idées » ni aucun « de ses dirigeants » après le « désaveu » du 21 avril, ses vives critiques ont porté sur l'action du gouvernement Raffarin. « Il existe des millions de Français qui ont besoin de s'exprimer », et ont besoin « de dire au gouvernement qu'il doit changer » et que la « confiance est compromise », a-t-il asséné. « Nous ne voulons pas de la chute du gouvernement », « nous voulons qu'il soit juste », « qu'il ait une vision ».
Le débat a ensuite repris son cours, dans le calme, avec les interventions de Marie-George Buffet (PCF), Bernard Accoyer (UMP) et Martine Billard (Verts). La communiste a dénoncé « l'offensive brutale » du gouvernement « pour conformer notre pays aux exigences du capitalisme mondialisé ». La députée verte a ajouté : « En moins de deux ans (...) le gouvernement UMP-UDF a mis le pays en situation de KO social ».
Raffarin : « Du social
personnalisé »
Les échanges se sont à nouveau animés avec la réponse du Premier ministre auquel les élus UMP ont réservé une « standing ovation ». Jean-Pierre Raffarin a accusé les socialistes de faire le jeu de « l'extrémisme », avant de se livrer à un procès du gouvernement Jospin. « Le social-socialiste, ça n'a pas marché », a déclaré M. Raffarin. « Mon objectif est de sortir du social administré pour aller vers le social personnalisé ».
03/03/2004