Mars-avril 2004
 
 
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Jospin réjouit ses amis

Défait à l'élection présidentielle de 2002, Lionel Jospin multiplie les incursions dans la campagne des régionales de mars, un renfort apprécié par ses amis socialistes unanimes à souligner son « autorité politique et morale ».
 Même si l'hypothèse n'est pas formellement écartée par tous pour l'avenir, personne au PS ne perçoit ces interventions lapidaires comme l'amorce d'un retour au premier plan.
 Depuis bientôt six mois, Lionel Jospin était resté silencieux, après avoir traité de « mystificateur » le couple Chirac-Raffarin, dans une tribune au quotidien Libération, en octobre.
 Officiellement, Lionel Jospin va déjeuner avec « quelques amis » : sur le Vieux Port à Marseille avec la tête de liste aux régionales, Michel Vauzelle, et le président socialiste du Conseil général des Bouches-du-Rhône, Jean-Noël Guérini ; dans le vieux Dijon avec l'homologue bourguignon de Vauzelle, François Patriat. Un match de football au RC Lens sert aussi de prétexte à distiller « la bonne parole ».
 L'écho est inversement proportionnel à la brièveté du propos. « On a rarement vu une politique aussi étroite, aussi faite pour des avantages particuliers, autant inspirée par un clan » (Dijon). « Si les Français ont envie de faire passer un message, c'est maintenant » (Lens). Après avoir prévenu qu'il entendait « être utile », l'ancien Premier ministre va se montrer de nouveau et revenir à la charge, en Ile-de-France cette fois, paraît-il.

Bayrou électrise le débat sur la motion de censure

Déchaîné, hier.(Photo AFP)
La motion de censure déposée par le groupe PS, rejetée sans surprise, a été l'occasion d'un débat électoral à moins de trois semaines du premier tour des régionales. François Bayrou a cristallisé les passions.

 « Ce débat de censure est pour nous un exercice de vérité », a lancé le premier secrétaire du PS, François Hollande, en ouverture du débat sur la motion de censure à l'Assemblée.
 Accusé de manoeuvres électoralistes par la droite, il a assumé l'initiative du groupe, avant de se livrer à un réquisitoire de la politique gouvernementale : « Vous avez inventé la précarité durable ; vous créez des travailleurs pauvres avec des pauvres droits ». Au passage il a attaqué l'UDF, dont il a dénoncé la « mauvaise foi ».

Le rejet

 La motion n'a recueilli que 175 voix de députés PS, PCF et Verts, loin de la majorité (289 sur 577) des membres de l'Assemblée nécessaire à son adoption.
 Mais elle a donné lieu à un très vif débat dans l'hémicycle. Invectivé sans discontinuer, d'abord par la gauche, puis par la droite, le patron de l'UDF François Bayrou a réussi à faire sortir de sa réserve le président de l'Assemblée nationale, Jean-Louis Debré, soucieux de défendre son « institution ».
 L'intervention du leader centriste n'a épargné personne. Après une attaque en règle du PS qui n'a « renouvelé aucune de ses idées » ni aucun « de ses dirigeants » après le « désaveu » du 21 avril, ses vives critiques ont porté sur l'action du gouvernement Raffarin. « Il existe des millions de Français qui ont besoin de s'exprimer », et ont besoin « de dire au gouvernement qu'il doit changer » et que la « confiance est compromise », a-t-il asséné. « Nous ne voulons pas de la chute du gouvernement », « nous voulons qu'il soit juste », « qu'il ait une vision ».
 Le débat a ensuite repris son cours, dans le calme, avec les interventions de Marie-George Buffet (PCF), Bernard Accoyer (UMP) et Martine Billard (Verts). La communiste a dénoncé « l'offensive brutale » du gouvernement « pour conformer notre pays aux exigences du capitalisme mondialisé ». La députée verte a ajouté : « En moins de deux ans (...) le gouvernement UMP-UDF a mis le pays en situation de KO social ».

Raffarin : « Du social
personnalisé »

 Les échanges se sont à nouveau animés avec la réponse du Premier ministre auquel les élus UMP ont réservé une « standing ovation ». Jean-Pierre Raffarin a accusé les socialistes de faire le jeu de « l'extrémisme », avant de se livrer à un procès du gouvernement Jospin. « Le social-socialiste, ça n'a pas marché », a déclaré M. Raffarin. « Mon objectif est de sortir du social administré pour aller vers le social personnalisé ».

03/03/2004

 
© Dernières Nouvelles d'Alsace - 2004