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En cas de victoire, Gilles de Robien quitterait la présidence de la région pour réintégrer le gouvernement.(Photo AFP) |
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La droite picarde veut faire oublier ses liaisons dangereuses avec le Front national. Lors des régionales de 1998, l'UDF Charles Baur avait emporté la présidence de la région grâce à un accord conclu avec le parti de Jean-Marie Le Pen.
La droite locale a promis de ne plus tolérer de tels compromis. Charles Baur, 73 ans, militant UMP qui fut exclu de l'UDF après cette alliance, n'est plus candidat. C'est Gilles de Robien, ministre des Transports, qui mène la bataille pour conserver la région dans une élection qui s'annonce serrée. Il jure qu'il refuse toute compromission avec les extrêmes.
Les chasseurs
Robien, seul ministre centriste du gouvernement, est à la tête d'une liste d'union UMP-UDF sur laquelle figurent également des personnalités comme Elodie Gossuin, Miss France 2001. Pour parvenir à la victoire le 28 mars, l'ancien député-maire d'Amiens devra améliorer le score de la droite, qui ne cesse de s'effriter dans la région, passant de 25 sièges en 1986 à 22 en 1992 et 19 en 1998.
Dans une zone très touchée par le chômage, le Front national monte en puissance (4, puis 8, puis 11 sièges). Jean-Marie Le Pen a obtenu 24 % des voix au second tour de l'élection présidentielle. Le FN vise cette fois les 25% au premier tour, et compte sur les nombreuses voix des chasseurs : le mouvement Chasse Pêche nature et tradition (CNPT) ne présente pas de candidats cette année.
En face, la gauche part en ordre dispersé. Le député communiste de la Somme Maxime Gremetz mène une liste seul, contre l'avis de certains communistes, partisans de l'alliance avec les socialistes, comme en 1998. Le PCF devrait dépasser les 5% au premier tour et fusionner au second avec la liste PS-Verts-PRG du maire socialiste de Clermont (Oise) Claude Gewerc. La gauche sera confrontée à la liste LO-LCR (dont les candidats ont totalisé 12% des voix à l'élection présidentielle de 2002) qui pourrait tirer profit du vote contestataire dans cette région éprouvée par les plans sociaux.
Industrie en crise
Flodor à Péronne, Chausson dans le bassin de Creil et bien d'autres entreprises ont mis récemment la clé sous la porte. En Picardie, où l'industrie emploie 40,7% de la population active (INSEE 2002), la crise est visible. Avec un taux de chômage de 10,4% , les trois départements de la Somme, de l'Aisne et de l'Oise se situent au dessus de la moyenne nationale (9,7%).
En cas de victoire le 28 mars, Gilles de Robien a annoncé qu'il se ferait élire à la présidence de la région « le temps de mettre en place le projet et les équipes ». Mais il ne tient pas à remettre en cause sa présence au gouvernement. N'ayant pas obtenu de dérogation à la règle du non-cumul énoncée par Jacques Chirac, il démissionnera au profit de son co-listier, l'UMP Jérôme Bignon, avec l'assurance de reprendre la présidence en cas de départ du gouvernement.
Elodie Becu
06/03/2004