Mars-avril 2004
 
 
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Régionales : le prix de la campagne




Dépenses électorales : en deçà de 5% des suffrages exprimés, l'Etat ne rembourse rien.(Photo archives DNA)



Modestes budgets pour les petites listes, gros moyens pour les grandes formations : en Alsace, le coût de la campagne des régionales varie, allant du prix d'une voiture à celui d'une maison.

Le 14 février dernier, jour de la présentation de la liste d'union UDF-UMP aux régionales, Adrien Zeller a demandé à ses colistiers en position éligible de contribuer aux frais de campagne en signant trois chèques de 1 500 ¤. Ils se rembourseront sur leurs premières indemnités d'élus.

La communication,
un poste très onéreux

La droite présente le plus gros budget de la campagne alsacienne : près de 500 000 ¤. Le prix d'une maison. Un peu moins que le montant maximum de dépenses autorisées, fixé pour l'Alsace à 500 989 ¤. L'Etat remboursera au plus la moitié de ce plafond, à condition que la liste obtienne au moins 5% des suffrages exprimés au premier tour de scrutin (en deçà, les perdants en sont pour leur argent). Cette partie remboursable a été couverte par un emprunt. Le reste du budget est supporté par les candidats et par les deux partis, UMP et UDF, à hauteur d'environ 10% du total, et complété par des dons de particuliers. « Ce qui nous coûte le plus cher, c'est la communication : cela représente la moitié des dépenses », précise Justin Vogel, le directeur de la campagne.
A gauche, la liste PS-Verts de Jacques Bigot s'en tient à un budget dans la limite du remboursement forfaitaire versé par l'Etat. Les premiers de chaque section départementale de la liste ont souscrit un prêt bancaire. « De 200 000 ¤ », détaille Henri Krauth, le mandataire financier. La communication est là encore le premier poste de dépenses. Avec les frais d'impression des tracts, affiches, bulletins de vote, elle représente un tiers du budget. Le reste correspond au loyer du QG de campagne, au coût de la location des salles, aux frais de déplacement, aux salaires des deux permanents (un plein temps et un mi-temps).
Le budget de campagne du Front national sera légèrement supérieur aux 250 000 ¤ du plafond de dépenses remboursables. « Les cinq premiers de la liste ont fait un emprunt personnel. Le reste est à la charge des futurs élus. Le parti ne donne rien », indique Patrick Binder, tête de liste régionale. 250 000 ¤, c'est aussi le budget d'Alsace d'abord, pour l'essentiel financé par un emprunt souscrit par les têtes de liste. Le parti régionaliste a aussi lancé une souscription : 11 000 lettres ont été envoyées. « Les dons viennent assez généreusement. Les déductions fiscales assorties sont incitatives », assure Jacques Cordonnier, tête de liste de la section haut-rhinoise.

Bulletins par millions

Le matériel électoral obligatoire, imposé par le législateur, pèse lourd sur le budget des petites listes. L'impression des bulletins de vote, circulaires et affiches est à la charge des listes, et le remboursement par l'Etat de ces frais de propagande conditionné à l'obtention d'au moins 5% des suffrages exprimés.
En Alsace, chaque liste inscrite en préfecture est autorisée à faire imprimer un peu plus de 2,8 millions de bulletins de vote (soit 2,4 fois le nombre d'électeurs inscrits), un peu plus de 1,2 million de circulaires en français, autant en allemand, près de deux mille affiches, grandes ou petites. Ne pouvant engager une telle dépense, le Parti fédéraliste a demandé à ses électeurs d'imprimer le bulletin de vote depuis son site internet.
Pas assurées de franchir le seuil remboursable de 5%, les petites formations conjuguent budgets modestes et contributions prudentes. Le Mouvement écologiste indépendant n'a rien demandé à Antoine Waechter et ses colistiers pour couvrir les 32 000 ¤ de la campagne ; c'est le parti qui paie. De même, Lutte ouvrière et la Ligue communiste révolutionnaire, qui avancent un budget de 15 000 ¤ selon Françoise Ruch, tête de liste régionale, se partagent le coût de la campagne sans rien faire supporter à leurs candidats. Le PCF, le MRC et le PRG se répartissent à parité les 50 000 ¤ engagés dans la campagne alsacienne. Sans évidemment bouder les dons qui donnent une petite aisance financière, quoique insuffisante. « Ce n'est pas avec des dons, commente Waechter, qu'on s'offre une campagne ».



Nathalie Chifflet

29/02/2004

© Dernières Nouvelles d'Alsace - 2004