Mars-avril 2004
 
 
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LO-LCR
Françoise Ruch : « Nous sommes pour l'interdiction des licenciements »

Françoise Ruch (liste LO-LCR). En lutte pour les travailleurs, contre le patronat et ses suppôts.(Photo DNA- Arthur Perrin)
Rendre à la droite qui gouverne les mauvais coups assénés aux travailleurs : telle est l'ambition de la liste d'union de Lutte ouvrière et de la Ligue communiste révolutionnaire, conduite par Françoise Ruch.

- DNA : Les électeurs, selon les sondages, entendent faire du scrutin régional un vote sanction de la politique gouvernementale. Qu'en pensez-vous ?
- Françoise Ruch : « J'espère un vote sanction. Une des raisons à l'union LO-LCR, c'est le dégoût et l'envie de combattre la politique anti-travailleurs et anti-pauvres, méprisante, que mène le gouvernement. C'est une même révolte contre cette politique anti-populaire. Voter pour notre liste, c'est rendre les coups reçus. C'est le seul moyen de protester, en n'oubliant pas que la gauche, sous Jospin, menait la même politique, de manière moins agressive mais plus hypocrite. Cela fait 25 ans que la gauche et la droite subventionnent et soutiennent le patronat, cassant le rôle social de l'État et les services publics. On veut nous faire croire que ce qui est bon pour le patronat est bon pour l'emploi. Mais on voit bien la contradiction entre la soif de profit du patronat et les chiffres de l'emploi.

L'argent de la
collectivité pour
créer des emplois

- Quelle orientation préconisez-vous de donner à la politique économique du conseil régional ?
- « Aujourd'hui, tout l'argent de la collectivité va aux aides aux entreprises, aux dégrèvements, aux allégements fiscaux, à l'acquisition de terrains. Je propose que cet argent soit utilisé pour aider à la création directe d'emplois. La baisse des charges et les aides va dans la poche du patronat sans créer durablement des emplois. Il faut que les collectivités locales créent des emplois publics utiles à la population. Il en manque, par exemple dans les hôpitaux, les écoles, les crèches...
- L'Alsace connaît une forte hausse du chômage. Êtes-vous de ceux qui l'inscrivent au bilan d'Adrien Zeller ? Considérez-vous que c'est l'échec de sa politique ?
- « Ce serait démagogique de dire que c'est un échec personnel de Zeller. Le président du conseil régional n'est pas plus responsable que les grands commis de la bourgeoisie. Il est un fidèle serviteur du patronat, comme les autres. Il fait ce qu'on lui dit de faire et accompagne en permanence l'aide aux plus riches. Ce n'est pas un problème de bonhomme. La question est de savoir pour qui, au service de qui est le conseil régional. Aujourd'hui, la réponse est : au service des possédants. Il faut mettre les impôts au service de la population, que l'argent public aille au service du public.
- La politique de formation soutenue par le conseil régional vous paraît-elle adaptée ?
- « On essaie de répondre au patronat qui réclame des formations ciblées en fonction de ses besoins, qui voudrait des jeunes qui collent aux besoins immédiats des entrepreneurs. Mais dans dix ans, ils n'auront plus besoin d'eux. Les jeunes travailleurs ne sont pas des produits manufacturés. Le meilleur atout pour trouver du travail, c'est une formation longue, solide, qui permet de s'adapter.
- En matière de transports, domaine dans lequel l'Alsace a initié avec succès la régionalisation ferroviaire, quelle voie devra demain emprunter le conseil régional ?
- « Les liaisons ferroviaires, c'est bien. Mais l'aller-retour Mulhouse-Strasbourg coûte presque 30 ¤, contre 15 ¤ en voiture. C'est pratique pour ceux qui ont des bons salaires, mais quand on sait que 60% de la population gagne moins de 1 000 ¤ par mois, c'est du gadget ! Il faudrait aller vers la gratuité. C'est une nécessité de développer des modes de déplacements faciles et à peu de coût. Tant que ce n'est pas le cas, c'est une illusion de croire que les gens vont utiliser les transports collectifs.

Revaloriser
les salaires

- Quelles sont les propositions clés de votre programme ?
- « Nous sommes pour les prélèvements sur les profits pour financer l'accès aux soins, ou encore pour la publicité des comptes des entreprises. Il faut que les travailleurs sachent. Cela leur donnera des armes, dans leur tête, pour résister. Nous sommes pour l'interdiction des licenciements. La revalorisation des salaires fait aussi partie du programme. L'objectif général est d'améliorer les conditions de vie des travailleurs et de donner des objectifs de lutte contre cette catastrophe qu'est l'augmentation du chômage et de la misère, qui ne sont pas inéluctables, pas une fatalité.
- Si vous êtes élue...
- Je serai les yeux et les oreilles des gens qui se battent. J'agirai pour les populations laborieuses. Je me servirai de ma place pour donner une résonance aux luttes des travailleurs, pour les aider à mieux se coordonner, s'organiser, se faire entendre.

Propos recueillis
par Nathalie Chifflet

27/02/2004

© Dernières Nouvelles d'Alsace - 2004