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| De gauche à droite : Henri Ohlmann, travailleur social, Marie-Christine Adam, buraliste, tête de section dans le Haut-Rhin, et Patrick Merck, tête de liste régionale.(Photo DNA - Franck Delhomme) |
La liste (DNA de mardi) compte 50 % de buralistes en révolte contre le gouvernement depuis que les hausses successives sur les cigarettes ont fait fuir une bonne partie de leurs clients vers les bureaux de tabac allemands. En septembre dernier, leur pétition avait recueilli huit millions de signatures en France, dont 80 000 en Alsace. Depuis, les buralistes voient leurs magasins - premier commerce de proximité de France - comme le « thermomètre du ras-le-bol envers la politique professionnelle ».
Européens, pas racistes
Leurs critiques percutent à 360 degrés. Les socialistes ? « Des soixante-huitards devenus de grands intellectuels bourgeois. Ils ne sont pas crédibles en représentants des petites gens et portent la responsabilité d'avoir installé l'extrême droite », dit Patrick Merck, tête de liste. Les Verts ? « Ils s'occupent bien plus des sans-papiers, tous immigrés illégaux, que d'écologie. Ils font monter l'extrême gauche ». L'UMP ? « Un parti trusté par les dinosaures du RPR qui n'est ni nouveau, ni populaire. Zeller est sûr de gagner. Il n'a que dédain pour les autres listes et mépris pour la nôtre ». L'UDF ? Bayrou attire la sympathie parce qu'il « résiste », mais en Alsace, son parti est coupable d'alliance avec les « frères ennemis » de l'UMP.
Les extrêmes, droite ou gauche, le président de la France d'en bas n'en parle guère, « à l'inverse d'autres. Si on en parlait moins, ils ne seraient pas aussi puissants ». Sur ses affiches cependant, la liste affirme que « les extrêmes sont des mouvements dangereux, des idéologies fanatiques ou totalitaires dont ni la France, ni l'Alsace ne veulent réellement ». Qu'on les traite de « poujadistes » indispose les colistiers de Patrick Merck. « Nous sommes européens, nous. Nous ne sommes pas racistes. Noir, jaune ou blanc, cadre ou Rmiste, nous n'excluons personne. Nous les accueillons tous de la même façon ».
Henri Ohlmann (n° 7 dans le Bas-Rhin) n'est pas buraliste, mais travailleur social post-carcéral. Il a rejoint la liste parce qu'elle est la seule à n'être « pas imperméable aux doléances et soucis des gens d'en bas ». L'ambition de la liste, qui fera campagne dans les 782 bureaux de tabac d'Alsace, est de « faire entrer des citoyens » au conseil régional pour à la fois y « être constructifs et y dénoncer les errements de certains », dit Marie-Christine Adam, tête de section haut-rhinoise.
C. K.
26/02/2004