Mars-avril 2004
 
 
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Neuf listes en Alsace, et quelques inconnues...

Neuf listes étaient enregistrées hier à la préfecture de région, à l'heure de la clôture des inscriptions, à midi. En 1998, il y en avait onze dans le Haut-Rhin et douze dans le Bas-Rhin.

 La loi électorale a changé. Il n'est plus possible désormais de présenter une liste dans un seul département, comme, en 1998, Solidarités-écologie, de Roger Winterhalter, dans le Haut-Rhin ou Réagir Alsace, de Jean-Claude Burckel, dans le Bas-Rhin. De même, les partis sont condamnés à faire l'union sur l'ensemble de la région ou à jouer l'autonomie partout. Une liste d'union UDF-RPR dans le Bas-Rhin (Adrien Zeller) et des listes UDF (Bernard Stoessel) et RPR (Hubert Haenel) séparées dans le Haut-Rhin comme il y a six ans, n'est plus envisageable.

Nouveaux :
les fédéralistes
et les buralistes

 Seules les quatre premières listes inscrites (Alsace d'abord, LO-LCR, FN et Gauche populaire et républicaine) ont reçu de la préfecture leur récépissé définitif. Les autres seront fixées d'ici vendredi à midi. En cas de refus d'enregistrement, la liste dispose de 48 heures pour se « compléter », c'est-à-dire remplacer les candidats inéligibles. Le cas échéant, la tête de liste peut saisir le tribunal administratif pour contester la décision de la préfecture.
 Globalement, la même diversité politique est proposée aux électeurs qu'en 1998. L'obligation de la parité intégrale a éliminé les listes de femmes. La droite est représentée par une seule liste, l'union UMP-UDF, mais trouvera éventuellement une réserve de voix pour le 2e tour dans la liste « la France d'en bas ». Les suffrages d'extrême droite sont classiquement sollicités par le FN et Alsace d'abord. L'union du PS et des Verts est concurrencée à la fois par une gauche « populaire » (communistes, radicaux, chevènementistes) et par les écologistes waechtériens. L'extrême gauche s'est rencontrée (LO-LCR) mais refuse par avance toute alliance. Enfin, deux sensibilités nouvelles complètent le paysage, les fédéralistes et les buralistes de la liste la « France d'en bas ».

La participation sous
la barre des 50 % ?

 Si la majorité actuelle reste majoritaire, elle ne sera plus relative comme en 1992 et 1998, mais absolue, grâce au bonus de 25 % des sièges accordé à la liste arrivée en tête au deuxième tour. La précédente élection régionale a montré que deux listes ratissaient plus large (+ 0,66 points pour les listes Stoessel-Haenel par rapport à 1992) qu'une liste commune (- 10,29 points pour la liste d'union Zeller par rapport à la somme des listes Hoeffel-Zeller en 1992). Mais le nouveau scrutin à deux tours change la donne : il sera en effet très difficile de fusionner des listes en moins de 48 heures entre les deux tours. L'union dès avant le premier tour paraît plus prudente. C'est le raisonnement tenu aussi par le PS et les Verts, bien qu'en 1998 leur liste « plurielle » ait fait dix points de moins que les listes séparées (PS, Verts, PCF) de 1992.
 Alors que le FN n'a cessé de progresser d'élection régionale en élection régionale, Alsace d'abord s'est stabilisé à 6 %. Le ralliement de la majorité des ex-élus du FN au parti de Spieler entraînera-t-il un mouvement identique de l'électorat ? C'est l'une des inconnues de ce scrutin, tout comme la participation électorale. Si elle continue sur la pente descendante empruntée depuis 1986, elle risque fort de passer sous de la barre des 50 %. Le peu d'intérêt manifesté, à l'heure actuelle, pour les régionales n'autorise pas l'optimisme dans ce domaine.

Claude Keiflin

24/02/2004

© Dernières Nouvelles d'Alsace - 2004