- Autriche: effondrement de l'extrême droite
L'extrême droite a subi une déroute historique à ces élections alors que les sociaux-démocrates (opposition) ont devancé de peu les conservateurs au pouvoir, selon des résultats officieux publiés dimanche par la télévision publique ORF.
Le candidat indépendant Hans-Peter Martin, un euro-député exclu du groupe socialiste qui avait fait campagne en dénonçant un système de fraude généralisé au Parlement européen (PE), a créé la surprise en arrivant en troisième position, selon ces chiffres portant sur 99,7% des suffrages dépouillés à 19H00 (17H00 GMT).
Les sociaux-démocrates du SPOe obtiennent 33,4% des voix et terminent au premier rang comme aux européennes de 1999, avec un score en progression de 1,7 point, conservant leurs sept sièges au Parlement européen (PE).
Les conservateurs de l'OeVP, le parti du chancelier Wolfgang Schuessel, recueillent 32,7% des voix (+2 points) et obtiennent six sièges d'eurodéputés, soit un de moins qu'en 1999.
Le FPOe de Joerg Haider, l'extrême droite alliée de l'OeVP dans la coalition au pouvoir à Vienne depuis l'an 2000, s'effondre avec seulement 6,3% des voix. Il chute de 17 points par rapport à 1999 et perd quatre sièges, ne conservant qu'un seul mandat.
Les Verts (écologistes, opposition) passent pour première fois la barre des 10% lors d'élections générales en recueillant 12,8% des suffrages (deux sièges) tandis qu'une "plate-forme des Gauches" soutenue par le Parti communiste obtient 0,8%.
La participation, qui était montée à 49,4% aux élections européennes de 1999, s'est établie à 41,8%.
Les résultats officiels définitifs seront communiqués à 22H par le ministère de l'Intérieur.
- Allemagne: effondrement historique du SPD
Le Parti social-démocrate allemand (SPD) du chancelier Gerhard Schroeder a enregistré sa plus grande déroute depuis l'après-guerre, payant ainsi le prix des douloureuses réformes socio-économiques imposées par son gouvernement. Selon les premiers sondages sortie des urnes rapportés par les télévisions allemandes, le SPD recueillerait de 21,9 à 23% des voix contre 30,7% aux européennes de 1999.
C'est le plus mauvais score des sociaux-démocrates à un scrutin fédéral depuis la naissance de la République fédérale d'Allemagne en 1949. Le précédent plus mauvais résultat du SPD remonte aux élections législatives de 1953 avec 28,8% des suffrages.
Les Unions chrétiennes (CDU/CSU) - opposition conservatrice - ont obtenu entre 45,5 et 46,7%, un léger recul comparé à 1999 (48,7%), selon les premiers sondages sortie des urnes.
En revanche, les Verts, partenaires de la coalition gouvernementale avec le SPD, réalisent une percée en recueillant de 10,5 à 12% des voix, selon ces sondages, contre 6,4% en 1999.
Les néo-communistes du PDS (1999: 5,8%) et les Libéraux du FDP (1999: 3%) recueilleraient environ 6% des suffrages, dépassant ainsi le seuil de 5% pour être représenté à l'assemblée européenne.
Quelque 63 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour élire les 99 eurodéputés allemands, un scrutin dont le taux de participation atteindrait 43,5%, selon la deuxième chaîne de télévision publique ZDF (1999: 45,2%).
Si ces résultats se confirment, la CDU/CSU obtiendrait 49 sièges au Parlement européen (contre 53 en 1999), le SPD 24 sièges (33), les Verts 12 (7), le PDS 7 (6) et le FDP 7 (0).
- Pologne: le "mauvais élève"
Le taux de participation aux élections européennes en Pologne s'élevait à 15,4% à 18H, quatre heures avant la fermeture des bureaux de vote, a indiqué la Commission électorale nationale.
La participation à ces élections pourrait être l'une des plus basses depuis la chute du communisme en 1989. Ce manque d'intérêt est attribué à la fois à une crise politique interne, la Pologne se retrouvant depuis le 2 mai sans gouvernement, à une campagne électorale fade, et à un long week-end qui a commencé jeudi avec les célébrations de la Fête-Dieu catholique.
Les premiers résultats du vote devraient être connus dans la nuit, et les résultats définitifs mardi.
- Danemark: les sociaux-démocrates vainqueurs (sortie des urnes)
Le parti social-démocrate, principal parti d'opposition au Danemark, serait le grand vainqueur des élections européennes, doublant son score par rapport au scrutin de 1999 avec 33,5% des voix, selon un sondage de sortie des urnes réalisé par la chaîne nationale TV2, à moins d'une heure de la fermeture des bureaux de vote.
Les sociaux-démocrates (S, gauche), menés par l'ancien Premier ministre Poul Nyrup Rasmussen, remporteraient 5 mandats sur les 14 attribués au Danemark au Parlement européen, contre 3 en 1999.
Le parti libéral (V, droite) au pouvoir reculerait quant à lui à 18,7% contre 23,4% cinq ans plus tôt, et perdrait 2 de ses 5 sièges.
Les mouvements anti-Union européenne sortiraient également grands perdants du scrutin de dimanche: le Mouvement populaire anti-UE (N) ne serait ainsi plus représenté au Parlement européen où il détenait un siège, tandis que le Mouvement de juin (J) ne garderait que 2 sièges sur 3.
Les conservateurs (K, droite), alliés des libéraux au sein du gouvernement, maintiendraient de leur côté leur unique mandat, de même que les radicaux (R, centre-gauche), le Parti du peuple danois (DF, extrême droite) et les socialistes du peuple (SF, extrême gauche), qui préserveraient chacun leur seul siège à Strasbourg.
Ce sondage de l'institut Megafon a été effectué auprès de 4.900 électeurs ayant voté à 18H15. Les bureaux ferment à 20H au Danemark.
- Espagne: Légère avance des socialistes espagnols (sondages sortie des urnes)
Le Parti Socialiste Ouvrier Espagnol (PSOE, au pouvoir) a remporté les élections européennes en Espagne avec environ 43% des suffrages, obtenant une légère avance sur le Parti Populaire (PP, droite), crédité de 40% des votes, selon les sondages à la sortie des urnes.
Les instituts Ipsos Eco-Consulting pour le groupe de la radio-télévision publique RTVE et Sigma Dos pour la chaîne de télévision Antena3 et la radio Onda Cero pronostiquaient une victoire relative du parti socialiste, vainqueur des législatives du 14 mars, avec une fourchette de 23 à 26 eurodéputés contre 21 à 24 pour le PP.
La dizaine de sièges restants, sur un total de 54 sièges à pourvoir, se répartissait entre les coalitions de partis régionalistes (3 à 6) et la coalition de gauche IU-ICV-EUIA (communistes et écologistes, de 1 à 3 sièges).
- Slovénie: victoire surprise du centre-droit (sondages)
Les partis de centre-droit ont créé la surprise en emportant au moins quatre des sept mandats de députés, selon des sondages sortie des urnes à la fin du scrutin. La coalition de centre-gauche au pouvoir - formée du parti libéral démocrate (LDS) et du parti démocratiques des retraités (DESUS) - n'obtiendrait que 22,3% des voix, emportant deux sièges, selon un sondage de la télévision nationale. Les deux partis de droite Nouvelle Slovénie (NSi) et le Parti démocratique slovène (SDS) sont respectivement crédités de 22% et 17,5%.
Un autre sondage de la télévision privée POP TV donne 23,6% à la coalition au pouvoir et 21,1 % au NSi.
- Malte: la plus forte participation
Le parti travailliste a pris l'avantage sur le parti nationaliste au pouvoir à Malte dans de ces élections marquées par une participation de 82%, ont indiqué dimanche des responsables politiques.
Le Premier ministre Lawrence Gonzi a reconnu que les travaillistes, principal parti d'opposition, étaient en passe de remporter 3 des 5 sièges dont disposera Malte au Parlement européen. Les deux autres devraient revenir au parti nationaliste, qui avait défendu l'entrée de Malte dans l'UE. Les premiers résultats officiels du vote, qui s'est déroulé samedi, sont attendus dans la soirée.
Selon les premières indications disponibles, les travaillistes auraient obtenu quelque 48% des suffrages. Les nationalistes obtiendraient 41%, soit 11% de moins que lors des élections générales de l'an dernier, qu'ils avaient remportées.
La commission électorale a annoncé un taux de participation de 82%, de très loin supérieur aux performances des autres Etats de l'UE élargie.
- Suède: poussée inattendue des souverainistes (sondage sortie des urnes)
La "Liste de juin", formation ouvertement eurosceptique, a fait une percée inattendue en Suède, recueillant 14,8% des voix, selon un sondage sortie des urnes de la télévision publique SVT. Le parti social-démocrate au pouvoir obtiendrait 24,9%, contre 25,9% lors des élections de 1999, et 39,3% aux législatives de 2002. Les derniers sondages lui donnaient de 32 à 35% des voix. S'il devait se confirmer, ce résultat de la "Liste de juin" constituerait une grande surprise, les sondages publiés cette semaine lui prédisant entre 4,6 et 5,2%.
Créée dans la foulée du "non" à l'euro suédois de septembre 2003, la "Liste de juin" visait les électeurs ou sympathisants sociaux-démocrates et de droite qui partagent avec les partis d'extrême gauche (Verts et ex-communistes) une vision très critique de l'Union européenne et de ses institutions, mais rejettent les autres grandes lignes de leurs programmes. La "Liste de juin" milite, comme le Mouvement de juin danois, contre "la délégation des pouvoirs nationaux à Bruxelles", son principal slogan étant "Oui à l'Europe, non à un Etat de l'UE".
- Portugal: L'abstention "grande gagnante"
Le taux d'abstention a été supérieur aux 60% enregistrés lors du précédent scrutin de 1999, a déclaré le porte-parole de la coalition gouvernementale de centre droit Carlos Coelho à la télévision publique RTP. Les bureaux de vote fermaient au Portugal à 19H00 locales (18H00 GMT sur le continent et à Madère et 19H00 GMT aux Açores).
- Lituanie: le parti du millionnaire Ouspaskitch en tête
Le parti travailliste fondé par le député lituanien d'origine russe Viktor Ouspaskitch est arrivé en tête avec 23,3% des voix, selon un sondage réalisé à la sortie des urnes par l'institut Transcom Worldwide. Selon ce sondage, le Parti du travail est suivi du Parti social-démocrate (au pouvoir) qui a recueilli 12,7% des voix, du Parti conservateur (11,5%), du Parti libéral du centre (8,5%), et de la coalition de l'Union de la nouvelle démocratie et du Parti paysan (4,9%). Le Parti libéral-démocrate de Rolandas Paksas a obtenu 4,5% des suffrages.
La participation, une heure avant la fermeture des bureaux de vote, s'élevait à 39,43%, selon la Commission électorale.
- Estonie: 26,7% de participation aux premières européennes (officiel)
"Il y a trois raisons à cette participation faible", a déclaré le président de la Commission électorale nationale, Heiki Sibul, à la télévision. "D'abord, il y a eu plusieurs élections durant les deux dernières années. En second lieu, les gens n'ont pas l'habitude de voter en été et troisièmement, les questions européennes pourraient ne pas être proches de leur coeur", a-t-il dit. Les premiers résultats sont attendus à 23h00 (20h00 GMT).
Selon les sondages pré-électoraux, le petit Parti social-démocrate remporterait deux des six sièges attribués à l'Estonie au sein du Parlement européen.
Le Parti réformiste (libéral) et celui du Premier ministre Juhan Parts, Res Publica, ne remporteraient qu'un siège chacun. Enfin, le parti de gauche Union du peuple, membre de la coalition gouvernementale, et Pro Patria (centre-droit) remporteraient chacun un siège.
- Finlande: bonne participation
Le taux de participation a été de 41,1%, contre 30,1% en 1999, a annoncé le ministère de la Justice. Quelque 1.661.322 Finlandais et ressortissants de l'Union européenne ont accompli leur devoir électoral, sur 4.227.987 inscrits. Les premiers résultats devaient être publiés à 23H.
- Italie: possible revers pour le parti de Berlusconi (sondages)
Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi, pourrait subir un revers aux élections européennes en obtenant entre 20,5% et 23,5%, selon un sondage réalisé à la sortie des urnes pour la chaîne de TV publique RAI 2, alors que le chef du gouvernement s'était lui-même fixé comme objectif 25%.